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Affaire Yen Eyoum: L’avocate projette de restituer au cas où…

Affaire Yen Eyoum: L’avocate projette de restituer au cas où…

Elle entend transiger avec l’Etat et remettre, le cas échéant, les frais d’honoraires éventuellement retenus en trop.

L’accusée Yen Eyoum Lydienne a essuyé, jeudi 23 janvier 2014, un énième revers en demande de liberté provisoire. Après les épisodes vécus devant le Tgi du Mfoundi, La Cour d’appel du Centre et la Cour suprême, c’est au tour du Tcs de rejeter cette autre requête en libération immédiate. Au-delà de ce rejet pour le moins attendu, c’est la proposition de l’avocate de rembourser les frais d’horaires éventuellement perçus en trop qui aura retenu l’attention du Tribunal. L’accusée rejette toute idée de malversation dans cette affaire, et dit qu’on ne saurait parler de corps du délit à rembourser: il n’y a pas eu délit, selon elle. Il s’agit simplement d’une affaire de balance des comptes entre elle et son ancien client, le Ministère des Finances. Elle entend donc transiger avec l’Etat pour que tout malentendu soit dissipé et toute divergence aplanie. Car, réitère-t-elle, il s’agit d’un problème de fixation du montant et de paiement d’honoraires et non d’un détournement de deniers publics. Pour transiger avec le Minfi, estime-t-elle, il lui faut disposer de la liberté de mouvements. Ce à quoi s’oppose le procureur général. Le tribunal finit par trouver un palliatif en demandant à Yen Eyoum de prendre attache avec le Parquet général pour toute demande d’extraction. Pour suspendre l’audience, le Tribunal fixe au 25 février 2014 la date de reprise des débats avec, à la clé, ce jour-là, la comparution de deux des trois témoins de l’accusation; M. Noah, l’autre témoin et représentant de la Sgbc étant décédé. Ainsi en a décidé le président Yap Abdou à l’occasion d’une audience consacrée à la fixation, par le Tribunal, du nombre des témoins à faire entendre par les parties au procès. Un nombre de témoins que le collège des juges arrête à six.

Autre curiosité du jour, la décision de l’accusée principale, Yen Eyoum, de ne pas se faire assister par un avocat. Elle justifie cette renonciation par la volonté de vouloir présenter elle-même ses moyens de défense. Non pas qu’elle n’ait pas de Conseils, mais elle préfère ne pas avoir à leur dicter, à chaque fois, une stratégie de défense qu’elle entend contrôler et assumer jusqu’au bout. Et de demander au tribunal de prendre acte de sa décision de se défendre seule, du droit de ne pas être assisté devant la barre. Protestations véhémentes et de l’Avocat général et de la partie civile qui invoquent l’article 417(2) Cpp et exigent du tribunal de désigner d’office un avocat à une accusée qui en court la perpétuité, même contre son gré. Recadrage de Me Mong qui fait valoir que Me Eyoum a fait un choix, personne ne peut lui dénier cette liberté de se défendre seule. Elle a constitué des avocats et leur interdit de prendre la parole. L’on ne saurait d’ailleurs, suggère-t-il, invoquer une quelconque violation des droits de la défense dès le moment où elle a manifesté sa volonté. Un argumentaire auquel la collégialité du président Yap finit par se rallier et déclare prendre acte de cette liberté de renonciation.

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