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Affaire du Correspondant RFI: Voici le rapport d’expertise qui dérange au tribunal militaire

Affaire du Correspondant RFI: Voici le rapport d’expertise qui dérange au tribunal militaire

La défense d’Ahmed Abba rejette ce document. La justice camerounaise le poursuit pour «complicité d’actes de terrorisme» en lien avec les jihadistes nigérians de Boko Haram et «non-dénonciation des actes de terrorisme».

À la récente audience du 5 octobre 2016, la défense d’Ahmed Abba, le correspondant de Radio France Internationale (RFI) a montré une opposition farouche face au rapport d’expertise présenté au tribunal militaire de Yaoundé. Il s’en est suivi alors un échange houleux. Il faut noter que ledit rapport d’expertise avait déjà été présenté au Tribunal en date du 5 septembre dernier, date de l’avant-dernière audience.

Le Commissaire du Gouvernement avait alors, en février dernier, désigné un expert en cybercriminalité pour faire ledit rapport. Partant du fait que lors de l’arrestation d’Ahmed Abba en juillet 2015, les enquêteurs avaient trouvé sur lui des accessoires informatiques tels qu’un port USB, une unité centrale, un GPS, des téléphones portables. M. Bell Bitjocka, l’expert désigné, avait donc eu la charge d’inspecter les accessoires suscités pour «voir» leur contenu. C’est donc en date du 5 octobre 2016 que ce rapport avait été rendu public au Tribunal. L’expert ayant même été par la suite cité comme témoin de l’accusation dans cette affaire.

Pour revenir à l’audience du 5 octobre dernier, la défense a d’abord indiqué que la démarche du Ministère public constitue une violation grave en règle de procédure pénale. Pour Me Charles Tchougang et Me Nakong, le Commissaire du Gouvernement n’était pas en droit de désigner un expert sans l’accord du président du Tribunal. Ensuite, pour la défense, l’expert a été choisi à l’insu du mis en cause encore mois de ses avocats comme l’exige le Code de procédure pénale. Par conséquent, la défense demande tout simplement l’annulation de ce document et qu’en même temps, l’expert ne peut pas être présenté comme un témoin du Ministère public.

Le Commissaire du Gouvernement a indiqué qu’il part du principe de l’immédiateté des preuves. «Les documents ont été trouvés entre les mains de l’accusé. Il est question que nous sachions le contenu de ces documents pour que la vérité soit connue, c’est dans ce cadre que le Ministère public qui intervient dans la procédure en cours a sollicité une expertise». Il a par ailleurs demandé au Tribunal de désigner un autre expert.

En rappel le correspondant de RFI est poursuivi pour «complicité d’actes de terrorisme» en lien avec les jihadistes nigérians de Boko Haram et «non-dénonciation des actes de terrorisme». Son procès s’est déroulé en présence de Cécile Megie la Directrice de RFI. L’affaire est renvoyée au 19 octobre prochain.

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