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Affaire d’Etat: Les flops des enquêtes de Paul Biya

– Affaire d’Etat: Les flops des enquêtes de Paul Biya

Football, affaires des 9 de Bépanda, affaire Vanessa Tchatchou, affaire Bibi Ngotta… l’opinion est dubitative quant à l’issue de l’enquête instruite par le chef de l’Etat à la suite de la débâcle des Lions au mondial brésilien 2014. En cause, le sort pas toujours traçable de plusieurs enquêtes commandées par le président

F ootball, affaires des 9 de Bépanda, affaire Vanessa Tchatchou, affaire Bibi Ngotta… l’opinion est dubitative quant à l’issue de l’enquête instruite par le chef de l’Etat à la suite de la débâcle des Lions au mondial brésilien 2014. En cause, le sort pas toujours traçable de plusieurs enquêtes commandées par le président de la République.

 

Le public sportif a désormais les yeux rivés sur l’immeuble Etoile dont le maître des céans a été enjoint à indiquer sous trentaine, les causes profondes de l’embrouillamini remarqué autour de la sélection nationale de football sénior ; lequel cafouillage a débouché sur la pire des prestations de l’équipe de foot fanion. Or, jusque là, ce sont les acteurs de premier plan – les joueurs, les dirigeants fédéraux et le ministère en charge des sports – qui étaient invités par le public à s’expliquer sur l’expédition foireuse au pays de la Samba, ce qui laissait ainsi la porte ouverte à toutes sortes de quolibets, d’accusations qui ont suscité chez les acteurs des promesses de déballage. Mais alors qu’on était dans l’attente de ces sorties, le président de la République a ordonné une enquête et s’est arrangé pour que publicité soit faite autour de cette décision d’investiguer sur les causes de la débâcle.

 

Seulement, c’est la énième annonce d’ouverture d’une enquête en vue de la résorption d’un cas social sans qu’elle soit suivie dans les délais prescrits, d’une autre annonce sur ses conclusions. A ce titre, Benoit Mboudou, chercheur en anthropologie politique indique que « l’amplitude donnée à l’ouverture d’une enquête est largement plus importante que celle de l’annonce de ses résultats ». Pour lui, cette réalité cache mal la volonté du pouvoir d’instrumentaliser les commissions d’enquête pour étouffer un sujet de controverse sociale en diluant l’effet de ses traumas sociaux via la méthode du dilatoire. « Cette autre annonce donne un sens supplémentaire à la formule qui veut qu’au Cameroun, lorsqu’on veut étouffer un dossier, on créé une commission », dit-il sentencieux. Benoit Mboudou est loin d’être seul à voir les choses de la sorte. Le Camerounais lambda rencontré dans la rue est dubitatif sur l’issue heureuse de l’enquête exigée par le président. Celui-ci pense que Paul Biya réputé le plus informés des Camerounais aurait pu prendre quelques mesures conservatoires avant de procéder à une enquête approfondie au vu de la gravité du mal qui a affecté de nombreux Camerounais. « Paul Biya veut simplement noyer le poisson. Il n’y aura rien. On ne reparlera plus de cette affaire dans un mois. Ce d’autant que les Lions sont attendus en septembre pour les qualificatifs de la Can 2015 », tempête Germain Etokè, vendeur à la Montée Anne Rouge. Il cite à la pelle, pour justifier ses doutes, les enquêtes initiées à la suite du Crash de Camair à Douala en 1995, celle consécutive à la disparition de neufs jeunes gens à Bépanda (Douala) ou encore à la suite de la mort de Bibi Ngotta ainsi que de l’explosion de la poudrière du quartier général en février 2001 et même plus récemment, l’enquête annoncée pour le vol du bébé de Vanessa Tchatchou.

 

 

Responsabilité des dignitaires

 

De fait, l’opinion publique est restée sans nouvelle des conclusions des enquêtes prescrites par le chef de l’Etat pour ces affaires et quelques autres alors même qu’un important battage médiatique avait été fait sur leur ouverture. L’affaire Vanessa Tchatchou et celle de 9 disparus de Bépanda avaient débouché sur des procédures pénales sans liens apparents avec l’enquête administrative commandée. Celle de la mort de Bibi Ngotta est restée lettre morte. Jusqu’à l’heure, seule la question de la falsification des sceaux de l’Etat a été jugée. Même la communication d’Amadou Ali donnée sur les prétendues circonstances du décès du Dp de Cameroun Express n’a convaincu que très peu au sein de l’opinion. Il en est autant de l’enquête ouverte après le crash d’un avion de la compagnie Kenya Airways à Mbanga Pongo ou encore de la responsabilité de dignitaires sur le crash de Camair en 1995.

 

Dans une de ses lettres ouvertes, l’ex ministre Marafa suggérait la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire pour connaitre le fin mot de l’affaire. Certainement parce que l’exécutif était incapable de le faire. C’est quasiment dans le même traité de chapitre, que l’opinion publique classe l’audit sur la plus grosse opération d’arnaque de l’histoire du Cameroun post-indépendance : l’opération coup de cœur au Lions indomptables pour la Word Cup 1994. Sous prétexte de n’avoir pas perçu ses honoraires, l’expert commis pour auditer les comptes de l’opération, n’a jamais rendu sa copie. Confirmant ainsi que les enquêtes administratives sous le ciel du Renouveau ne produisent pas systématiquement des résultats probants, du moins, ces résultats ne sont pas revêtus d’autant d’enthousiasme qu’au départ. Et même si, Dieudonné Mbadi, enseignant de politique publique estime que le président tient

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forcément compte des conclusions des enquêtes qu’il commande dans ses décisions futures et donc opère de façon discrète, il reste que la faible publicité faite autour des conclusions de ces enquêtes, si tant est qu’elles existent, poussent à penser que celles-ci sont généralement des bides