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AFFAIRE ALBERT EBOSSÉ : DR ANDRÉ MOUNÉ, “LES MÉDECINS ÉTAIENT COMPLICES”

AFFAIRE ALBERT EBOSSÉ : DR ANDRÉ MOUNÉ, “LES MÉDECINS ÉTAIENT COMPLICES”

L’auteur de la 2ème autopsie d’Albert Ebossé indexe aussi la Jsk, la Fédération algérienne de football et le gouvernement algérien.

Quel commentaire vous inspirent les propos tenus à votre endroit sur le site Internet elwatan.com par le Professeur Brahim Boulassel ?
Je ne suis pas surpris outre mesure par cette réaction. Maintenant que le fer est porté, les masques tombent. Ils viennent vers nous. Je ne suis pas surpris parce que c’est le dilatoire, les obstructions, qui ont émaillé l’affaire Ebossé dès le début. Dès le départ, on a parlé de tuile, de jet de pierre, de jet de briques. Finalement, le rapport d’autopsie que j’ai consulté il y a un peu moins de trois semaines ne parle pas de ça. Ils disent « mort naturelle ». Cela m’a un peu choqué.

Votre confrère algérien soutient que vous n’avez pas la qualité de médecin légiste, celle qui vous permettrait de tirer les conclusions que vous avez faites dans votre rapport d’autopsie…
Comme je l’ai dit dans ma déclaration, pour être légiste, il faut un doctorat de médecine et deux années d’études supplémentaires. Pour être anatomopathologiste, il faut un doctorat de médecine et deux années d’études supplémentaires. A partir du moment où on est médecin anatomo-pathologiste, pour faire une sous-spécialisation comme médecin légiste, il faut six mois. J’ai vingt ans d’expérience sur le terrain qui en dehors de mon gros background me permettent de me passer de ces six mois. Et j’ai toujours signé. Ailleurs, là où j’ai étudié, ce sont les médecins anatomopathologistes nantis d’une solide expérience, comme la mienne, qui donnent des résultats. L’anatomo-pathologiste connaît très finement les lésions. Nous sommes habilités à le faire.

Le Pr Boulassel vous reproche d’avoir écrit que c’est un collectif de résidents qui a signé le rapport d’autopsie…
Je dis que j’ai vu ce rapport d’autopsie il y a moins de trois semaines ! C’est la première fois que j’entends son nom. Il a été signé « collectif des résidents ». J’ai répondu au journal El Watan que c’était une irrégularité qui frisait le mépris vis-àvis du mort, vis-à-vis, à la limite, des relations internationales. Quelque chose qui touche devrait être signé par un responsable, pas par un collectif. Comment ai-je fait pour le savoir ? J’ai vu un rapport d’autopsie sur 15 lignes et à la fin, la mention « collectif des résidents ».

En fin de compte, que pensez-vous de l’autopsie pratiquée en Algérie ?
Je l’ai dit : un mort sous la main, c’est gênant. A l’mage de la gêne, de l’ensemble du peuple algérien. Leur rapport d’autopsie a été escamoté pour masquer la vérité. C’est ça qui est vrai. Les médecins chargés de l’autopsie étaient complices, la Fédération algérienne de football, la Jeunesse sportive Kabylie et le gouvernement aussi. Dès qu’Ebossé meurt, on met une semaine pour faire une campagne afin de sensibiliser au bien-fondé de la paix dans les gradins. Cela veut dire qu’on veut faire passer un message qui est faux, faussé pour dénaturer une vérité. Devant le fait que, quelque temps après, une vidéo montre Ebossé entrant dans les vestiaires, ils sont désaxés. Ils cherchent autre chose.

Mais, nous avons fait cette autopsie il y a trois mois. Depuis lors, nos avons donné un exemplaire à la représentation diplomatique algérienne à Yaoundé, mais il n’y a pas eu de réaction. Pendant trois mois en Algérie, il n’y a rien eu. A part le petit bruissement lié à la tuile ou bien à l’ardoise qui avait été envoyée. C’était une chape de plomb. Aucune vérité. L’affaire a rebondi devant le fait qu’on voulait l’ensevelir dans le silence. Un silence coupable.

 

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