Aéroport de Douala : Owona Assoumou sous la pression des compagnies aériennes

Le directeur général des Aéroports du Cameroun ouvre enfin le dialogue sur la vétusté de l’infra-structure aéroportuaire.

Thomas Owona Assoumou, le directeur général d’Aéroports du Cameroun (Adc), l’entreprise publique en charge de la gestion des aéroports du Cameroun, a tenu le 3 octobre à Douala, une réunion avec toutes les compagnies aériennes opérant dans cette ville, regroupées au sein de l’Airlines Opérations Commi-tee (Aoc). Au cours de ladite réunion, l’Aoc a relevé des manquements d’ordre infra-structurel. Il a notamment fait observer que l’aéroport international de Douala, mis en service depuis 1977, est vieillissant.

Pour remédier quotidiennement aux défaillances, a fait savoir la direction générale des Adc, la direction technique de l’entreprise a été éclatée en deux : la direction de la maintenance et la direction des projets. Ceci à l’effet d’impulser une nouvelle dynamique à la maintenance. Par ailleurs, le top management des Adc a indiqué qu’il a déjà procédé à la rénovation des chaussées aéronautiques de l’aéroport de Douala en 2016.

La suite prévoit la modernisation du terminal passager. Ce dialogue s’ouvre plus d’un an après une plainte des compagnies aériennes. En effet, l’Aoc avait adressé une correspondance, le 5 février 2018, à Thomas Owona Assoumou. Dans ladite lettre, quinze compagnies aériennes (Air France, Turkish Airlines, South African Airways, Ethiopian Airlines, Royal Air Maroc, Asky, Rwandair…) faisaient part de leurs préoccupations liées à l’état de délabrement de l’aéroport de Douala, considéré comme un hub en Afrique centrale.

Maintenance

«La maintenance de l’infrastructure aéroportuaire, sous prétexte de travaux de réhabilitation à venir et toujours reportés, n’est pas effectuée correctement. Si on exclut quelques parties du cheminement passager, le bâtiment est d’une saleté repoussante: peintures défraîchies, murs décrépits, toilettes infréquentables, faux plafonds sales ou manquants, travaux d’aménagement abandonnés, huisseries fatiguées, branchements électriques ou informatiques incohérents aux circuits, forêt inextricable de câbles extérieurs pendant le long des façades, climatisations absentes ou insuffisantes, matériels informatiques et banques d’enregistrement sales et mal entretenus, éclairages défaillants», dénonçaient ces compagnies aériennes.

Toujours selon les compagnies aériennes, l’état des aires de service (galerie bagages, zones de stockage des conteneurs, voies de circulation du matériel sol) est « lamentable ». D’autant plus que les revêtements sont dégradés. Bien plus, il y a des nids de poule. Ce qui contribue à la dégradation rapide des tarmacs pourtant récemment refaits.

Pour répondre aux préoccupations contenues dans la lettre de l’Association des compagnies aériennes, le directeur général des Adc a tenu un point de presse à Douala le 23 février dernier. Pour lui, les signataires de ladite correspondance ont fait des « récriminations excessives». En outre, le Dg Thomas Owona Assoumou s’est défendu des accusations en affirmant que l’aéroport de Douala est en phase de rénovation.

«Cette rénovation a commencé par les chaussées aéronautiques et elle va bientôt se poursuivre avec l’aérogare. Compte tenu de ce que l’infrastructure aéronautique est très vétuste [elle date de plus de 40 ans], elle n’obéit plus à certaines normes de sécurité et de confort.»