Aéroport de Douala: les bagagistes confisquent les chariots

Impossible de prendre une charrette des mains d’un de ces bagagistes sans qu’il n’oppose une résistance farouche.

«C’est déplorable !» s’exclame un voyageur qui, à peine descendu du taxi, voulait utiliser un chariot juste à l’entrée du parking de l’aéroport international de Douala vendredi dernier. A peine l’homme tend la main pour saisir le porte-bagage que le porteur l’arrache prestement. «C’est mon chariot !» martèle-t-il. L’arrivant, perplexe, veut comprendre depuis quand le chariot, objet pourtant mis à la disposition des usagers, est devenu sa chose. Et son vis-à-vis de menacer : «Si vous avez besoin de faire monter vos bagages, c’est mon job. C’est ça ou rien !»
La scène s’est déroulée sous les regards hagards de nombreux vigiles et autres bagagistes de la place. Et manifestement il s’agit d’une habitude. En désespoir de cause, le voyageur finira par recourir à l’arbitrage d’un agent de la police, occupé à filtrer les mouvements de personnes en ces lieux. L’homme en tenue, sans autre forme de procès, viendra

arracher le chariot des mains du jeune «rebelle» : «Tenez, portez vos bagages. Si vous allez au Congo, hâtez-vous !» Il est 12h30, soit une demi-heure avant le vol pour Pointe-Noire que l’homme doit effectivement emprunter.
Un vendeur de journaux, ayant vécu la scène, témoigne justement du calvaire permanent des passagers. Les charrettes ne sont pas à leur portée, confisquées par des bagagistes qui en ont fait leur propriété privée, obligeant ainsi les usagers de l’aéroport à recourir à leurs services payants. «Parfois, les chariots en viennent à manquer dans la salle même où on réceptionne les bagages. Les voyageurs sont alors contraints de sortir pour courir dans tous les sens, avec les désagréments que cela laisse supposer, toute chose qui ne manque pas de ternir l’image de notre pays», déplore le vendeur. De mémoire de voyageur, sous d’autres cieux, les porte-bagages sont à la disposition de tous. Dans les parkings, les salles d’embarquement ou de débarquement, ils sont bien visibles et ne demandent qu’à servir, avec ou sans l’aide d’un porteur.
Les bagagistes sévissent dès le dernier virage menant à la place aéroportuaire. En tenue verte, ces ouvriers d’un sous-traitant créent le plus souvent une haie le long de la grille, hors du parking. Certains sont assis avec des porte-bagages entre les jambes pendant que d’autres sont aux aguets. A peine un véhicule s’est-il garé qu’ils sont déjà là, prêts à entrer en activité. Le coût de leurs prestations oscille entre 2500 à 3000 FCfa.