Accusé de malversations, Nkodo Dang réagit : « C’est regrettable de traiter un compatriote qui est arrivé au niveau où je suis avec autant de légèreté »

Le Député Roger Nkodo Dang, a réagi sur les antennes de la CRTV/Radio pour se défendre, au regard des motifs de « corruption et irrégularités dans le processus de recrutement », qui lui sont reprochés au parlement panafricain qu’il préside. LeBledParle.com vous propose en intégralité cette interview diffusée le 4 juillet 2018.

Les chefs d’Etat africains ont adopté le budget du Parlement panafricain. Ils n’ont donc pas donné suite à la proposition des ministres des Affaires Etrangères demandant la suspension du budget 2019. Quel commentaire en faites-vous ?

Je constate que les chefs d’Etat ont pris la bonne décision. Déjà, la session de juin-juillet est consacrée à l’examen du budget de l’Union Africaine. On ne pourrait pas retirer une seule enveloppe, autrement dit, le budget n’allait pas être voté dans l’ensemble. Il y a eu certains ministres des Affaires Etrangères qui ont forcé. D’ailleurs quand le débat du budget avait commencé, le problème de suspension n’était pas à l’ordre du jour. Certains ministres ont estimé qu’ils ont des informations des médias qu’il y a des problèmes au parlement et qu’il faille faire l’audit avant d’examiner le budget du Parlement Panafricain. Ce budget a été voté dans son entièreté. C’est ce que je retiens.

Pouvez-vous repréciser les rôles en matière de recrutement et de gestion du budget au Parlement Panafricain ?

Nkodo Dang : Le Parlement Panafricain ouvre les poste lorsqu’ils sont disponibles dans son organigramme, les publie et prend un consultant ; c’est le consultant qui est chargé de toute la procédure. Et comme le règlement de l’UA le dit, on m’envoie une liste de trois personnes. Parmi  ces trois qui sont qualifiées, qui ont 60% la moyenne requise, je peux choisir une des trois personnes, conformément aux dispositions de l’article 21 du Règlement intérieur qui stipule que le Secrétaire Général rend compte de la gestion financière à la plénière. C’est dire que le SG chez nous, est un tiers détenteur : il est ordonnateur du budget, il liquidateur, il est comptable, il est billeteur. Jamais, jamais en matière de gestion du budget, le président a été impliqué, premièrement. Deuxièmement, quand l’UA affecte les fonds – c’est moi qui défend le budget – on ne fait pas copie au président du Parlement Panafricain. Je ne peux pas dire aujourd’hui combien de comptes, le parlement dispose. Je n’ai même pas dans mon cabinet, une sous caisse. Tout ce qui est utilisé dans mon cabinet, c’est le SG qui me le fourni.

Certains pensent que la proposition de suspension du budget du Parlement Panafricain est liée à la bataille post-électorale au sein de l’instance que vous dirigez. Est-ce votre avis ?

Mais, c’est de ça qu’il s’est agi. L’opinion était générale, même les chefs d’Etat de l’Afrique australe l’ont constaté. Entre la mauvaise gestion qui peut être imputée à un individu et le budget du parlement, il n’y a pas de liens. A la fin, plusieurs ministres des Affaires Etrangères m’ont approché pour dire qu’ils n’étaient pas bien informés et se sont désolidarisés. C’est ce qui a continué même au niveau de la Conférence des chefs d’Etat. Parce que des gens ne donnaient que de mauvaises informations. Et quand on s’est rendu compte des dispositions réglementaires qui régissent la gestion du Parlement, tout le monde a changé d’avis. Et je crois que c’est cela qui a milité à ce qu’on demande que ce budget soit voté sans qu’il ne soit examiné. Et je crois que c’est ce qui a été fait.

L’UA a tout de même commandé un audit de performances sur le Parlement Panafricain. De quoi s’agit-il ?

L’audit n’a pas été commandé seulement pour le Parlement ; tous les organes qui reçoivent des fonds, c’est normal qu’on les audite. Cet audit est un audit de performance parce que ça fait longtemps que je crie que le personnel n’est pas performant et maintenant on va aussi vérifier la gestion des ressources financières. On a demandé cela à tous les organes, même la Commission de l’UA.

Quel est votre message à l’opinion suite à cette affaire ?

Une affaire qui se traite au sommet, on ne doit pas chercher l’information sur internet. RFI a eu la copie des débats. Lorsqu’on discute un budget, il y a des débats et il y a des propositions. Ils (les ministres des Affaires Etrangères) ont donc lancé ce projet de proposition à la presse. Dans aucun cas, au cours des débats, il avait été question de détournement de fonds publics, encore moins de la corruption. Je n’ai jamais été mis en index, personne ne m’a épinglé. C’est regrettable de traiter un compatriote qui est arrivé au niveau où je suis avec autant de légèreté. Dans l’UA, les organes sont les suivants : la Conférence des chefs d’Etat, le Conseil exécutif, le Parlement Panafricain, la Cours de justice et la Commission de l’UA. Comment un organe peut suspendre un autre ? Le Conseil exécutif ne peut en aucun cas suspendre le Parlement Panafricain.

© Entretien avec la CRTV