Accord bilatéral Cameroun/Union européenne: seulement 80 entreprises mises à niveau

On est bien loin de l’objectif et l’équation de financement demeure difficile.

Environ 80 entreprises enregistrées dans la perspective de la mise en œuvre des Accords de partenariat économique bilatéral entre le Cameroun et l’Union européenne. La tendance n’est pas bonne du tout au regard du cahier de charges assigné au Bureau de mise à niveau avec une estimation d’environ 600 entreprises appelées à renforcer leurs capacités. La moisson est visiblement maigre. Chantal Elombat, directeur du Bureau de mise à niveau se défend : « Ce cahier de charges est surréaliste, comparativement à ce qui se passe ailleurs. Toutefois, il faut reconnaître que les entreprises ne mesurent pas encore l’impérative nécessité de se préparer à la concurrence avec l’entrée en vigueur de l’Accord de partenariat avec l’Union européenne ».   La mise à niveau prescrite dans le volet développement de l’ APE repose sur un diagnostic global.
Les équipements sont évalués pour apprécier l’organisation de la production et contrôler la qualité des produits. La situation financière est faite pour observer le bilan, la politique commerciale est passée au scanner pour analyser la politique de distribution du produit, la conformité à la réglementation et l’impact environnemental sont également soupesés. Toutes choses qui permettent à l’entreprise de bien affronter la concurrence. Malheureusement, dans le cadre de l’APE, les chefs d’entreprise traînent les pieds parce que la mise à niveau est essentiellement volontaire, a insisté mardi dernier Chantal Elombat, dans le cadre du forum Douane/entreprises.
Depuis deux ans, c’est pratiquement le statu quo, confie une source crédible. Les caisses du Bureau de mise à niveau seraient vides. Pas de ressources, évidement, pas de moyens d’action. L’Union européenne avait concédé le déblocage pour la mise à niveau de 60 entreprises. Cet argent tombe au compte-goutte, argumente notre source. En plus, les procédures de décaissement sont lourdes et lentes. Nos informateurs parient que les ressources promises ne permettront même pas de relever le niveau d’une quinzaine de sociétés sur les 60 pour lesquelles l’EU a pris les engagements. Au niveau de l’Etat, c’est la même difficulté à honorer les engagements. Nos sources confirment que c’est un passage à vide au Bureau de mise à niveau depuis deux ans. La phase pilote du programme avait bénéficié du soutien technique de l’ONUDI et celui de l’UE avec une contribution du gouvernement camerounais pour un montant global de deux milliards de F. C’était pour le compte de 2009-2012.