camernews-accident

Accident – Drame: Du sang et des morts sur la route Ayos-Bonis

Accident – Drame: Du sang et des morts sur la route Ayos-Bonis

Le grave accident qui a eu lieu en début de weekend à quelques encablures de Bertoua est toujours sujet à polémique autour du nombre exact de morts.

Difficile de déterminer avec précision le nombre de morts provoqués par l’accident de circulation survenu ce vendredi 11 avril 2014 aux environs de 14 h au village Loumbou, situé à quelque 6 km de Doumé. Et pour cause, les témoignages des survivants, des personnels de l’hôpital régional de Bertoua, des responsables de l’agence de voyage à laquelle appartient le bus de 70 places mis en cause et d’autres sources sont divergents sur le sujet. Même le chiffre 9, annoncé par la station régionale de la Cameroon radio and television (Crtv) de l’Est, est réfuté par les blessés, témoins du transport de « plus de dix corps sur place ». Sans compter ceux qui sont décédés quelques jours après leur admission en soins intensifs à l’hôpital régional de Bertoua (Hrb).

Seule certitude, le nombre de blessés, 49, affiché à la guérite de l’Hrb. Même si là encore, le nom de Serge Lono, un infirmier à la retraite, a été omis alors qu’il a été admis en soins intensifs suite à une fracture du fémur de la cuisse droite. L’officialisation du nombre de morts après le passage de Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, le gouverneur de l’Est, au chevet des blessés internés à l’hôpital régional de Bertoua, ajoute à la confusion et à l’idée que se font les populations sur la manipulation du chiffre exact des morts de cet accident. Surtout que les survivants affirment que « nous étions plus de 80 passagers dans le bus après le ramassage d’Abong-Mbang et de Doumé ». Ils se demandent tous « comment on peut dire que seules neuf personnes sont mortes et que nous restions 50 ayant survécu. Où sont passés les autres ? » Une question qui ne trouve sa réponse nulle part surtout que le chef d’agence d’« Alliance Voyages » affirme qu’« aucun passager n’est interné ailleurs qu’à l’hôpital régional de Bertoua ». Le même tergiverse sur le nombre de morts, pis sur celui des musulmans, même s’il déclare « avoir appris comme vous que neuf personnes étaient mortes ». Seule préoccupation de cette agence, « aller récupérer la carcasse du bus pour aller la réparer à Yaoundé ».

Insolence

Une désinvolture qui a également caractérisé son chauffeur tout au long du voyage funeste de ce vendredi 11 avril 2014 si l’on s’en tient aux déclarations des survivants. Qui parlent d’« un chauffeur qui refusait de prendre en compte nos inquiétudes face à l’excès de vitesse qu’il pratiquait, à la manière dont il prenait les virages en épingle et à l’utilisation abusive du téléphone portable pendant qu’il conduisait ». Une insolence qui a failli leur coûter la vie dans un premier temps « au lieu dit « carrefour 14 » à 120 km de Yaoundé, entre Ayos et Akonolinga, quand, dans sa tentative de passer en force alors qu’un grumier manœuvrait pour entrer à la station de pesage, la remorque de ce dernier a percuté et cassé le pot de phare côté passager. Malgré cela, notre chauffeur, aujourd’hui décédé, a continué sa course folle pour la terminer au niveau de Loumbou. « Alors que nous amorçions la descente après le village Loumbou, de ma place juste, j’ai vu, certainement comme le chauffeur, débouler un grumier qui doublait un autre. Malgré les jeux de phares du chauffeur de ce dernier indiquant au nôtre de ralentir, ce dernier a plutôt mis le pied sur l’accélérateur pour tenter un passage en force », relate un des passagers interné à la médecine hommes de l’Hrb.

Et de souligner que « malgré nos cris, il a foncé pour s’enfoncer comme du beurre dans le grumier qui tentait de doubler l’autre. J’ai vu exactement deux passagers traverser les deux pare-brises des véhicules qui sont entrés en collusion pour finir dans la cabine du grumier. Dans le même temps, d’autres passagers sont venus tomber sur moi dont le pied gauche était coincé entre les sièges. » Le choc a été tel que « certains sièges de l’avant ont été arrachés et se sont retrouvés sur les passagers dont la plupart ne bougeaient plus », soutiennent d’autres survivants toujours internés à l’Hrb. Rapidement les secours s’organisent sur place avec les villageois qui « privilégient les corps encore animés, préférant laisser le soin aux services de santé s’occuper des inertes ».

Ange-Gabriel OLINGA B.

Liste des blessés répertoriés par l’hôpital régional de Bertoua

1. Mohamadou
2. Yenlou Berthe
3. Nkoundou Soulé
4. Zé Paul
5. Ngando Ernestine
6. Bachirou
7. Kam David
8. Oumarou Sanda
9. Mamadou Aminou
10. Hassan Soubissou
11. Adamou
12. Zé Tsouwa Flobert
13. Akamba Ndeno Léa
14. Eloump Famme Gisette
15. Nyobè Marie
16. Merlin Kenné
17. Bopda Esther
18. Manda
19. Mefeuza Damares
20. Tamto Gilbertine
21. Kam Berthe
22. Tamto Franck
23. Messia Messia
24. Mboula Nicodème
25. Kpay Timba
26. Djel Ivette
27. Mfouma Gisèle
28. Babou Blanchard
29. Feudjeu Saint-Clair
31. Diguio
32. Non identifié en réanimation
33. Mincheu Matagnigni Léonel
34. Matemo Bibiche
35. Mpomo Jean-Jacques
36. Djiki Paul
37. Mbengo Marie
38. Ndowa Mandji
39. Mpassom Caroline
40. Zaah Rachelle
41. Hedeiang Pascaline
42. Matagnim Julie
43. Ndiomgo Jean
44. Medoulo Armand
45. Kone Abdoulaye
46. Ndam Matagnigni
47. Ndiwé Mounouna
48. Fossi Anoh Patience
49. Gadang Grâce Régine

 

camernews-accident

camernews-accident