Cameroun: plaidoyer pour mettre fin à “l’instrumentalisation politique des femmes”

Constat fait par le réseau “More women in politics”: le nombre écrasant de femmes à la base des partis politiques, et le caractère erratique de leur présence dans les structures hiérarchiques

 

On reparle de la place des femmes en politique et des problèmes qu’elles rencontrent dans ce champ. Parmi les problèmes que l’on observe au Cameroun, figure “l’instrumentalisation politique des femmes qui s’observe dans des phénomènes tels que: le nombre écrasant des femmes à la base de la pyramide des partis politiques contraste avec le caractère erratique de leur présence dans les structures hiérarchiques des partis; l’organisation sexiste de certains partis politiques; une dynamique élitiste au sein des milieux féminins, observable par l’éviction permanente des femmes rurales ou l’accaparement du leadership féminin par les femmes urbaines lors des élections locales”, dénonce le réseau “More women in politics”.

Ce réseau, que coordonne le Pr Justine Diffo Tchunkam, veut provoquer un changement significatif dans la représentation des femmes aux prochaines consultations électorales du Cameroun. Un “projet d’appui à la massification de la participation politique des femmes aux échéances électorales de 2018” a été lancé à cet effet, avec l’appui financier de la Délégation de l’Union européenne, sur une période de trois ans (janvier 2016 – décembre 2018).

L’étude sera conduite dans sept régions cibles: Centre, Extrême-Nord, Littoral, Nord-Ouest, Ouest, Sud et Sud-Ouest.

Elle veut remédier à un “paradoxe observé de manière permanente dans la société camerounaise”.

 

“Bien que représentant environ 51% de la population camerounaise (données du 3e recensement de la population mené en 2005) et plus de la moitié de l’électorat potentiel (environ 55%), les femmes demeurent une majorité silencieuse qui, de ce fait, ne mesure pas encore l’impact de leur implication pleine et active à la vie publique”, apprend-on.

Le réseau “More women in politics” voudrait dans le cadre de ce projet: “soumettre une proposition de décret portant modalités d’application du Genre dans le Code électoral avant les échéances de 2018, et créant les conditions favorables à l’égal accès des hommes et des femmes aux postes électifs à tous les niveaux.”

Le centre d’intérêt du plaidoyer du Réseau est axé sur la représentation des deux sexes dans les listes de candidatures des titulaires aux différents scrutins. “Les listes de candidatures titulaires ne présentant pas au moins 30% des candidats des deux sexes de façon alternée et bloquée seront rejetées”, souhaite le Réseau.

L’assemblée nationale du Cameroun, depuis les élections législatives de septembre 2013, compte 56 femmes sur un total de 180 députés, soit 31,11%. Pourcentage meilleur que celui de la législature précédente, qui comptait 25 femmes sur 180 députés (13,8 %.)

A la Chambre haute du parlement, depuis les premières sénatoriales de 2013, elles sont 20 à siéger en tant que titulaires sur un effectif de 100 sénateurs, soit 20% de l’ensemble.