Cameroun – Porosité des frontières: Le Cameroun débordé par la contrebande

Des huiles végétales, le sucre, les cigarettes, et bon nombre de produits de consommation entrent dans le pays de manière frauduleuse menaçant ainsi la survie de l’industrie locale.

Le  Groupement Interpatronal du Cameroun (GICAM) vient de tirer la sonnette d’alarme à travers la campagne médiatique dénommée «stop à la contrebande de cigarettes», campagne qui invite les consommateurs à n’acheter que les cigarettes comportant un timbre, peut-on lire dans les colonnes du quotidien Mutations dans sa parution du  vendredi 27 mai 2016.

Le journal s’interroge sur l’efficacité de l’action menée par le GICAM quand on sait que 25% des cigarettes commercialisées dans le pays sont issues de la contrebande. Aussi, selon le Comité ad hoc des opérations de lutte contre la fraude, la contrebande et la contrefaçon, les pertes dues à ce marché illicite sont estimées à 30% des recettes douanières par an. Ces entrées frauduleuses dans le pays coûteraient des pertes financières de l’ordre de 4 milliards de F CFA chaque année aux opérateurs locaux.

Les entreprises du secteur du tabac ne sont pas les seules à être concernées, car, l’industrie locale des oléagineux, elle aussi flanche depuis plus de deux ans sous le poids de la contrebande. En plus de ces produits frauduleux, des milliers  de tonnes d’huiles végétales entrées au Port autonome de Douala, déclarées sur la base transactionnelle au mépris du prix de référence de 1500 F CFA le kilogramme fixé par le ministère des Finances, ont inondé le marché, faisant la part belle aux opérateurs locaux.

Sérieusement touchées, certaines entreprises avaient revu à la baisse leur production de 50% entre janvier et février 2015, du fait des méventes. Ladite situation embarrasse cette filière qui a opéré de lourds investissements, et est capable à elle seule d’approvisionner le marché sous-régional en oléagineux.

La porosité de la frontière entre le Cameroun et le Nigéria est désormais le terreau favorable des entrées de produits de contrebande, car la vigilance a été redoublée au PAD. C’est par cette frontière qu’a transité le sucre indien dont l’entrée sur le territoire a mis à mal la production de la Société Sucrière du Cameroun (SOSUCAM).  Ces clichés  donnent un aperçu des dommages que fait subir la contrebande aux industries camerounaises.