Cameroun : Commerce extérieur , Le bois camerounais considéré à «haut risque»

Le Gouvernement du Royaume-Uni a enquêté sur les opérateurs anglais qui commercialisent le bois venu du Cameroun.

Selon un rapport de l’Organisation Non Gouvernementale Greenpeace Afrique, publié le jeudi 26 mai 2016, le Gouvernement britannique a récemment enquêté sur les opérateurs anglais commercialisant le bois made in Cameroun. «Ces actions du Gouvernement du Royaume-Uni et la sanction des autorités néerlandaises sont des premiers pas positifs. Cependant, tous les pays de l’UE [Union Européenne] doivent traiter le bois du Cameroun comme étant à haut risque, et exiger des normes de vérification préalable strictes de la part des entreprises importatrices, jusqu’à ce que le gouvernement du Cameroun puisse prouver sa volonté et sa capacité à faire appliquer et respecter les lois et règlementations forestières du pays», souligne Greenpeace Afrique.

Si l’on en croit le Quotidien de l’Économie en kiosque le vendredi 27 mai 2016, cette conclusion est le résultat d’une enquête sur les opérations d’exploitation forestière illégale au Cameroun, qui a permis de déceler une piste de bois volé menant jusqu’au principal importateur de grumes au Cameroun la «Compagnie de Commerce et de Transport», (CCT).

Selon Greenpeace, ces révélations «auraient amené le gouvernement camerounais à ordonner un audit sur les activités de la CCT et de ses fournisseurs. Cette vérification devrait inclure le fournisseur la SOCAMBA». Le rapport de l’ONG est intitulé: «La SOCAMBA: ou comment le bois volé du Cameroun est distribué dans les marchés internationaux». Les éléments de ce rapport montre que comment la CTT distribue du bois à des sociétés dans le monde entier, y compris en chine et en Europe s’approvisionnant à la SOCAMBA.

Ladite entreprise est également accusée par l’ONG d’être engagée dans les pratiques illégales et destructrices, y compris la coupe de bois à plusieurs kilomètres en dehors de sa zone d’exploitation forestière. En guise de droit de réponse à la demande de Greenpeace, la CTT a admis que  le Ministère camerounais des Forêts et de la Faune (MINFOF) avait ordonné un audit des activités de la CTT et de ses fournisseurs. D’après Eric Ini, chargé de la campagne forêt de Greenpeace Afrique, «si le Cameroun est sérieux au sujet de l’élimination du Commerce illégal du bois, il doit travailler en étroite collaboration de l’UE pour une mise en œuvre crédible de l’Action de partenariat volontaire (…)».