Cameroun: La sécurité constitue plus que jamais une préoccupation pour CAMRAIL

Ventre mou du concessionaire du chemin de fer camerounais, la sécurité constitue plus que jamais une préoccupation pour le transporteur ferroviaire.

2 h15mn. C’est le croisement à la gare de Belabo. En cette nuit du vendredi 20 au samedi 21 mai 2016, le programme de voyage est presque respecté à la lettre. Hormis les cinq minutes de retard au départ de Ngaoundéré, aucun incident de trajet n’est relevé jusque-là. Les deux trains-voyageurs, l’un parti de la plate-forme de Yaoundé, l’autre du terminus de Ngaoundéré, se croisent à Belabo. Sur le pont depuis 16h, Calvin Mathias Eyap, chef d’équipe de Sacur Security, l’un des prestataires des questions de sécurité à Camrail, et son équipe descendent rapidement du train 192, parti du chef-lieu de la région de l’Adamaoua. 237online.com Les éléments de sécurité s’installent aussitôt dans les différents wagons du train 191 en provenance de Yaoundé. Aziz E., le chef d’escorte de ce train, et ses hommes qui se positionnent au niveau des portières, remplacent poste pour poste leurs collègues de Ngaoundéré.

Le manège dure une minute. Les choses sont presque huilées. Sacur Security n’est pas la seule administration qui procède à la permutation. Les équipes de la Police spéciale des chemins de fer font également la même chose. Les fonctionnaires de police venus de Yaoundé descendent et montent dans le train de Ngaoundéré. La même formule est adoptée par les éléments de la gendarmerie et les autres forces spéciales qui assurent la sécurité dans le train. Le contrôleur et l’infirmier permutent avec leurs collègues de Yaoundé. Seul le conducteur qui poursuivra le voyage pour Yaoundé, attendait la locomotive sur place à Belabo. Pour des raisons de sécurité, CAMRAIL change de conducteur. Celui qui a conduit de la gare de départ jusqu’au croisement, termine avec sa tâche. La sécurité des trains est assurée par Sacur Securiy et Africa Security. Celle des trains- marchandises, elle, est exclusivement aux mains de Africa Security, qui a également la charge du gardiennage des gares du réseau. Chaque administration a une partition à jouer. Chacun des vingt vigiles déployés à travers le train a un rôle précis. Outre le chef d’équipe qui coordonne les opérations, 18 éléments veillent sur les voitures. Les employés des sociétés de gardiennage filtrent les voyageurs qui descendent et embarquent dans les différentes gares. Mohaman Awan, coordonnateur des activités de CAMRAIL, dans le Grand Nord, plus connu sous l’appellation du diminutif Cordex, fait observer que la réorganisation de la sécurité produit les résultats escomptés. Malgré la reprise en main de la sécurité qui était considérée comme le ventre mou du transporteur il y a encore quelques années, les plaintes sont toujours enregistrées. Si les cas de vol sont signalés par intermittence, les agressions, elles, ne sont plus récurrentes. Le train était devenu un espace de nondroit. Il se transforme petit à petit en un cadre convivial. CAMRAIL entend monter à la vitesse supérieure pour éliminer l’insécurité. Selon des indiscrétions, un projet d’installation des caméras de surveillance, serait en gestation.