Cameroun/Diplomatie : Merzack Bedjaoui (Ambassadeur d’Algérie): «si la guerre en Libye n’avait pas eu lieu, Boko Haram n’aurait pas existé»

Le diplomate algérien a effectué une sortie dans laquelle il tance également la politique de la France.

Merzack Bedjaoui n’a visiblement pas sa langue dans la poche. L’ambassadeur d’Algérie au Cameroun l’a démontré le 13 mai 2016 à Yaoundé. Le diplomate algérien était l’invité du Café politique du club des journalistes politiques du Cameroun. Il ne s’est pas embarrassé de contours diplomatiques pour dénoncer l’ordre mondial gouvernant ainsi que la politique de la France au Cameroun.

Une actualité sur laquelle revient Le Jour du 17 mai, en publiant des extraits de l’intervention de Merzack Bedjaoui. À propos de terrorisme, il déclare: «si la guerre en Libye n’avait pas eu lieu, Boko Haram n’aurait pas existé». Il croit fermement que la déstabilisation de la Lybie par des puissances occidentales a favorisé l’expansion du groupe terroriste.

Toujours à propos du terrorisme, le diplomate soutient que «L’Algérie a fermement combattu le terrorisme à travers la déradicalisation. Elle est très importante. L’Algérie a eu une attitude claire dès le début. Certains peuples étrangers ont mis la pression sur l’Algérie, mais elle a refusé d’effectuer tout paiement». Pour lui, ce sont ces différentes rançons versées qui financent l’expansion du djihadiste, la raison pour laquelle son pays a suggéré à l’ONU de criminaliser le paiement desdites rançons.

La politique de la France en Afrique a constitué l’autre axe de son intervention. L’ancienne puissance coloniale qui met tout en œuvre pour maintenir le continent, en particulier l’Algérie, sous son joug colonial. «Ça n’a jamais été simple. L’Algérie n’a pas besoin de ce pays (la France, NDLR); c’est ce pays qui a besoin de l’Algérie. On ne dirige pas un pays avec les pieds, mais avec sa tête», affirme-t-il, faisant allusion aux problèmes de santé des Chefs d’État africains relayés par les médias occidentaux.

«N’écoutez pas ce qui est propagé à grands renforts par les pays étrangers. En Allemagne, le ministre de l’Économie est sur un fauteuil roulant; aux États-Unis, Roosevelt qui a fait quatre mandats avait des soucis de santé, il en est de même de l’ancien Président d’un pays dont je ne vais pas citer ici. À notre sens,Jacques Chirac. Il a fait deux mandats et ‘‘menti’’ sur sa santé. Mais quand c’est chez nous, ils montrent que c’est un drame», s’est insurgé l’orateur.

Dans le même ordre d’idées, il soutient que l’ordre mondial en place n’est pas propice au développement des pays africains. «L’Algérie a proposé un nouvel ordre international. Il ne faut pas se leurrer; tout comme en Algérie, il y a un ordre international qui doit autoriser le développement. C’est surtout le fait de tout un environnement. Le prix du pétrole est fixé ailleurs. Dès lors, comment maîtriser le budget ?», se demande Merzack Bedjaoui.