Cameroun: Les transmissions volontaires du VIH – SIDA interpellent la justice

Face à la recrudescence du phénomène, des voix s’élèvent de plus en plus pour demander des mesures derépression plus coercitives.

Les cas de transmissions volontaires de maladies contagieuses en général et des pandémies comme le Vih-sida en particulier défraient la chronique sociale et surtout judiciaire depuis quelques temps. 237online.com C’est que le phénomène, sans cesse en excroissance, a atteint des proportions jusqu’ici inégalées au point de revêtir l’aspect d’une véritable calamité sociale. De nombreux cas de foyers déstabilisés et souvent en instance de séparation sont signalés devant les tribunaux. Epoux et épouses se séparent ainsi au quotidien consécutivement à ces trahisons. Des personnalités parfois au-dessus de tout soupçon se retrouvent au centre de ces affaires de mœurs. Comme pour essayer de ne point éveiller le moindre soupçon sur leur identité, ce sont les avocats qui agissent en lieu et place de ces camerounais qui occupent des postes d’influence au sein de l’administration d’Etat. Des hauts commis qui finissent par laisser tomber le masque tant les faits mis à leur

charge suscitent l’indignation et l’opprobre. A raison, et de manière justifiée parce que ce sont ceux-là même qui devraient servir de modèle et de référence à toute la société et pourtant, les voilà plutôt sur la sellette. 237online.com De bouche à oreille et de fil en aiguille, l’information finit par fuiter, sortant du cabinet du juge pour se retrouver dans la rue. Ainsi démasquées et mises à nuit, ces personnalités qui se recrutent parmi les ministres en fonction et même les Dg des sociétés d’Etat finissent par verser dans le chantage et l’intimidation à l’encontre de victimes fragiles et fragilisées de part leur jeune âge et le mal dont elles souffrent. En contre partie de leur silence, on promet monts et merveilles aux victimes : réussite à un concours, recrutement à un poste de travail, nonobstant de l’argent offert pour des besoins de subsistance et des soins médicaux.

GROS BONNETS
Le milieu estudiantin et universitaire regorge de ces cas de jeunes personnes dont les vies ont été ainsi brisées une fois au contact de ces personnalités. Pour ne pas être la risée de leurs camarades, et sous la pression des auteurs de ces forfaits, l’on se réfugie derrière un mutisme qui débouche parfois sur des drames plus criards. Des cas de morts suspectes et de suicides non signalés sont légion dans ces milieux et dans de nombreux quartiers de nos grandes villes. Signalons ce cas de figure intervenu à l’université de Ngaoundéré en novembre 2014. Une jeune fille de niveau 3 au sein de l’institution universitaire venait d’être retrouvée morte dans sa chambre. Plusieurs hypothèses aussi contradictoires les unes que les autres circuleront sur les mobiles de son décès hautement suspect. L’on suspecte une overdose de barbituriques ayant précipité la mort de cette jeune fille de 25 ans originaire du Centre. Mais l’on ne peut être que dubitatif sur cette thèse développée par le praticien qui fera les premiers constats en attendant la thèse du légiste qui devrait procéder à l’autopsie. Une autre thèse, estudiantine celle-là et développée par ses copines fera état d’un décès provoqué par une overdose de calmants que prenaient régulièrement la jeune étudiante aux fréquentations suspectes, histoire de soulager cet autre mal qui la rongeait – au-delà du vih – et la tuait à petit feu. Des noms de gros bonnets de la région avaient même été avancés à l’époque des faits sans pour autant que des éléments de témoignages et des faits incisifs en viennent à corroborer de telles allégations de suspicion. 237online.com Au bout du compte, aucune de ces personnalités ne sera inquiété, l’enquête ouverte n’ayant jamais donné de suite. Rangés tout aussi dans les tiroirs de l’oubli du légiste les résultats de l’autopsie. Le mystère de cette disparition suspecte n’aura de cesse de s’épaissir jusqu’à l’inhumation de la jeune fille.