Cameroun – Economie. SUD, La mise en œuvre du DSCE passée en revue à Ebolowa

L’atelier d’évaluation s’est tenu le 04 mai dernier dans la salle de conférences de la CNPS d’Ebolowa sous la présidence du gouverneur de la région du Sud. Y prenaient part, les chefs traditionnels, élus locaux, les responsables des administrations, et les leaders des organisations de la société civile.

 
Pour Moïse Walah chef de mission du Minepat, la revue vise à recueillir non seulement les réalisations effectuées dans la région du Sud sur financement publique ou privé, mais aussi recueillir les appréciations des populations sur la mise en œuvre de la stratégie pour la croissance et l’emploi.

C’est voir si les conditions de vie des populations connaissent une amélioration effective. Comme on le sait, l’objectif de la stratégie du développement est la réduction de la pauvreté, c’est-à-dire l’amélioration des conditions de vie des populations.

A cet effet, on se questionne sur le fait que les projets dans la région du Sud contribuent- ils à l’amélioration des conditions de vie des populations.

D’où la collecte de ces informations via les élus locaux et du peuple, les membres de la société civile, les chefs traditionnels et les différents responsables des administrations. Ces informations seront alors analysées puis transférées au niveau central pour un renforcement c’est-à-dire qu’on est sur la bonne voie soit, ou alors  une réorientation c’est qu’on a raté la piste.

Toujours est-il pour le chef de mission, beaucoup de choses sont faites, mais il reste encore à beaucoup faire. Pour Patrice Messanga expert en décentralisation, l’évaluation qu’on peut faire aujourd’hui est mitigée parce que les populations n’arrivent pas à percevoir un changement réel dans leur vie quotidienne. Si on prend le pan des infrastructures routières, le Sud est essentiellement agricole mais paradoxalement très enclavée.

Si on prend le domaine de la santé c’est encore très compliqué, la prise en charge pour les populations parait encore comme un rêve.

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Dans le secteur de l’éducation, l’évolution n’est pas perceptible que ce soit du côté des infrastructures ou dans l’enseignement proprement dit. Les écoles sont devenues des fonds de commerce via les associations des parents d’élèves et enseignants (APEE), dans certains lycées on arrive à prélever jusqu’à 15000 FCFA par élève.

C’est une pression pour la survie que les parents gèrent.  Dans certaines écoles il n’existe même pas les toilettes pour les élèves, c’est un véritable problème pour les populations. C’est la même situation dans d’autres secteurs, tout ceci amène à comprendre qu’il n’y a pas d’amélioration de manière globale dans les conditions de vie des populations. Il faut une restructuration en profondeur de tout le système sinon, tout ceci va ressembler à un coup de pied dans l’eau avec cette stratégie de croissance et d’emploi.

Le DSCE est une boussole de la politique de développement du pays, comment comprendre alors qu’on prenne du vin nouveau qui est ce DSCE et le mettre dans les vielles outres qui constituent le système actuel. A cet état, il est très difficile que les populations à la base puissent percevoir l’impact de ce qui est fait, il n’y a qu’à voir comment le BIP se réalise sur le terrain avec la malfaçon, les chantiers abandonnés qui n’inspirent pas un développement dans la durabilité.

Pour le chargé de mission le chef du département ministériel Louis Paul Motaze a engagé des réformes visant à ne faire passer que des projets de développement mature. A cet effet, les maîtres d’ouvrage doivent veiller que leurs ouvrages soient réalisés conformément au cahier de charge.

Pour le gouverneur de la région du Sud Félix Nguelé Nguelé, un inventaire réel de toutes les actions de développement doit être centralisé pour une meilleure prise de décision. Il s’agit des problèmes de route, d’eau, d’électricité, de santé et bien d’autres qui contribuent  à apporter  le bien-être aux populations.

Il faut noter que cette stratégie de développement poursuit trois objectifs principaux à savoir, porter le taux de croissance annuelle à 5.5% en moyenne par an, ramener le sous-emploi de 75% à 50% en 2020, ramener le taux de pauvreté monétaire de 39.9% à 28.7% au cours de la même période, et réaliser les objectifs du millénaire en 2020.

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Rendu à la sixième année de mise en œuvre du DSCE lancé depuis 2010, l’organisation de la présente revue devrait voir la méthodologie d’organisation s’améliorer par la création du bien-être dans l’environnement quotidien des populations.