Cameroun : 70 médecins pour 4 millions de travailleurs

CAMEROUN :: ALERTE : 70 MÉDECINS

L’effectif des professionnels de la médecine du travail est très disproportionné par rapport au nombre de Camerounais en proie au stress, entre autres.

Le 30 avril, la Société camerounaise de la santé et sécurité au travail (Scsst) a bouclé une semaine de manifestations organisées dans le cadre de la Semaine camerounaise de la prévention des risques professionnels. Les activités ont été clôturées par une marche sportive baptisée « marche nationale de la prévention », qui a commencé au Parcours Vita au quartier Bonamoussadi, à Douala, et s’est terminée à ce point de départ.

 

L’intégration de cet événement dans le calendrier de la célébration n’est pas un fait anodin, encore moins l’effet du hasard. Au Cameroun, en effet, le stress en milieu professionnel demeure un des facteurs cruciaux de l’improductivité, ce qui justifie d’ailleurs l’orientation donnée à la 14èmeJournée mondiale de la Santé et Sécurité au Travail (JMSST) célébrée le 28 avril 2016 sous le thème « le stress au travail : un défi collectif ».

Selon les statistiques présentées par le président de la Société camerounaise de la Santé et Sécurité au Travail, le Dr Joseph Dieuboué, une enquête récente montre qu’aucun secteur d’activité professionnelle n’est épargné par ce fléau qui tue en silence. Dans le secteur de la santé par exemple, 92,5% d’agents interrogés ont estimé que les conditions de travail sont stressantes, tandis que 72,5% d’autres se disent épuisés et sollicitent de l’aide.

Pareil pour les entreprises du secteur social où 30% de travailleurs stressés sollicitent de l’aide, ou encore au sein des forces armées où les femmes en sont autant affectées que les hommes. Contrairement aux pays développés, à l’instar du Royaume Uni, où l’impact économique se chiffre à 40 milliards, les chiffres officiels n’existent pas au Cameroun.Toutefois, nuance le Dr Dieuboué, « au vu du taux de prévalence des accidents vasculo-cérébraux, on peut se faire une idée sur l’impact du stress ». La situation est d’autant plus préoccupante que le Cameroun comptait en 2015 seulement 70 médecins du travail contre 04 en 2001, pour 4 millions de travailleurs. Selon les experts, il en faudrait 1000 pour couvrir cette masse laborieuse. L’article 98 du code de travail camerounais stipule que la médecine du travail est exercée par des spécialistes et qu’en cas de sous-effectif, des médecins non spécialistes mais agréés, peuvent exercer.

En  décembre 2014, le Cameroun comptait 275 médecins agréés, un effectif toujours largement en-deçà des attentes. Certes des lignes ont bougé en matière de la SST, mais la non ratification par le Cameroun des principes de la Convention de l’Oit sur la SST et l’absence de suivi des 15 points contenus dans le Plan national de la SST, demeurent des obstacles.