Catherine Wines: “les transactions au Cameroun, via WorldRemit, ont augmenté de 40%”

La Française, co-fondatrice de WorldRemit, parle des spécificités de ce service de transfert d’argent en ligne, utilisé par la diaspora depuis 2011

 

Lors de son lancement, en 2010, WorldRemit a annoncé une petite révolution dans le domaine du transfert d’argent. Pouvez-vous présenter le concept?
Ismail Ahmed et Catherine Wines, ont fondé WorldRemit parce qu’ils avaient identifié un vide dans le marché, laissant place à un service en ligne de transfert d’argent aidant les migrants à réaliser des transferts de manière instinctive et immédiate à leurs familles et amis dans les pays en développement. Grâce à l’application WorldRemit, les utilisateurs peuvent transférer de l’argent vers plus de 125 pays à travers le monde à tout moment sans à avoir à se déplacer. La majorité des transferts sont instantanés.

Comment s’effectue le transfert et la réception d’argent à WorldRemit?
C’est un site internet et une application mobile, qui permettent d’envoyer à tout moment de l’argent n’importe où dans le monde. Les destinataires peuvent recevoir ces ressources via un virement bancaire, le retrait d’espèces, un portefeuille mobile (mobile money) ou en recharge téléphonique.

Dans un communiqué de presse publié le 07 avril 2016, vous indiquiez que le Cameroun joue déjà un “grand rôle” dans votre activité. Quelle est votre clientèle dans ce pays?
Dès 2011, WorldRemit a proposé les transferts internationaux vers le Cameroun. WorldRemit propose le transfert d’argent instantané vers tous les bureaux Money Express et tous les bureaux Moneytrans à travers la globalité du Cameroun en seulement quelques minutes. Les pays émetteurs vers le Cameroun les plus importants en volumes, utilisant WorldRemit, sont le Canada, Royaume-Uni, Allemagne, Suède, Australie et Danemark. Les transactions au Cameroun ont augmenté de 40% entre novembre et décembre 2015. Le marché des portefeuilles mobiles Camerounais est fascinant du fait que déjà cinq services mobile money sont disponibles au Cameroun tels que Orange, Société Générale et MTN.

 

Avez-vous des partenaires locaux?
Oui, nous travaillons sur la partie collecte d’argent avec Express Union, CCA, Change Express, Union Bank, et First Trust Savings & Loan. Nous travaillons avec toutes les banques Camerounaises sur les transferts bancaires, sous 2 à 3 jours ouvrés. Nous continuons à travailler sur de nouveaux partenariats en particulier pour les services mobile money.

Qui peut bénéficier du service WorldRemit à travers le monde, et plus spécifiquement en Afrique centrale?
Le service de WorldRemit est accessible aux expéditeurs dans 50 pays. Nous proposons des transferts à plus de 120 destinations en Europe, Asie, Afrique, Australie et Amérique. En Afrique Centrale, WorldRemit opère au Cameroun, Gabon, République Démocratique du Congo, Tchad, République Centrafricaine.

Des perspectives de développement?
Nous pensons que l’accès aux services financiers doit être un droit humain à la portée de tous. Dans un contexte où 85% des adultes Africains sub-sahariens ne possèdent pas de compte bancaire, le téléphone portable et particulièrement les services mobile money jouent un rôle essentiel dans cette mission d’accès aux services financiers. WorldRemit est le leader mondial de l’envoi d’argent vers le mobile money. L’envoi d’argent a été pendant très longtemps onéreux, ce qui a conduit la diaspora africaine à utiliser des moyens parallèles. Nous souhaitons rendre simple et abordable l’envoi d’argent vers l’Afrique afin d’aider leurs proches et familles, de manière plus régulière.

Quels avantages peut-il y avoir à utiliser vos services par rapport aux services plus classiques? Autrement, quelle est la différence entre vous et des firmes comme Western Union, MoneyGram, etc.?
Il faut déjà noter que notre offre est bien moins chère que celles des services que vous mentionnez. Mais si certains de nos concurrents proposent des solutions de transfert en ligne, ils sont largement off line, avec des montants minimum assez élevés. C’est un modèle qui n’est pas vraiment adapté ni aux habitudes des migrants en Occident, ni aux réalités du terrain, en Afrique notamment.