Cameroun – Consommation. SUD,Matango au bord du lac à Ebolowa

Oisiveté quand tu nous tiens, s’il y a un coin qui est fréquenté ces derniers temps dans la ville d’Ebolowa, c’est bien ce « club matango » situé au bord du lac municipal d’Ebolowa.

Le charme du lac s’y prête, et les débrouillards de la ville ont développés une laverie de motos et autres véhicules en ce lieu. Normal, l’activité de laveur nourrit bien son homme affirme Alex Mballa dit petit Eto’o. Il est le plus ancien en ce lieu dans l’activité et c’est bien par lui que les nouveaux recrus passent pour s’y installer.

La particularité ici est que ce coin ne manque pas de présence humaine même à des heures tardives et pour cause, un club de vente de vin de palme appelé ici «  matango » y est installé en face. On peut tuer son temps d’attente en prenant un verre de matango en face, ou en jouant à un tour de songô, aux cartes et bien d’autres jeux du hasard.

Ici, on rencontre les jeunes, mototaximen, vieux, travailleurs, et autres sans emplois, hommes et femmes sans distinction. L’ambiance ici est conviviale, et chacun s’occupe de son verre dans une conversation d’un sujet politique, sportif ou alors c’est avec Boko Haram qu’on égrène  le temps. Juliette fait partie de ce club majoritairement composé d’homme, elle est sans complexe et se coule son matango en douce.

Mais, elle ne se rappelle pas du nombre de litres qu’elle peut consommer par jour, puisque ses amis l’offre souvent comme elle aussi le fait souvent. Elle affirme avoir choisi ce milieu vraiment pour éviter les problèmes des femmes au quartier avec le Kongossa, et aussi parce qu’elle n’a plus des enfants en bas âges. Pour les mototaximen, ils viennent pour laver leurs engins et ils en profitent pour prendre un « coup » synonyme de se refaire les forces. La curiosité est que d’autres jeunes scolarisés s’essayent à la dégustation de ce nectar, sans que cela ne gène personne.

La preuve, on y trouve même les hommes en tenue venus étancher leur soif. Comme les membres d’un cercle ésotérique, les adeptes du lieu ce connaissent bien, et s’entraident mieux. Ce qui veut dire que peu importe la position financière d’un abonné du club, l’essentiel c’est d’arriver sur le site vous ne serez pas déçu, vous serez soutenu par les autres. Aujourd’hui, le club a pris de l’ampleur qu’on y retrouve toutes les catégories sociales.

L’activité devient encore plus importante les week-ends, puisque là on prend son temps pour boire du bon vin du village. Emmanuel est un jeune diplômé, présentement il dit être vraiment oisif, au lieu d’être couché il se distrait avec les autres.  Affirme t-il c’est derrière quelqu’un qu’on est quelqu’un, il pense que sa lumière pourra apparaitre la.

Pour la tenancière du coin, quand c’est bon généralement pendant les fins du mois, elle arrive à couler en moyenne 5 dames-jeannes par jour. Ce qui la permet de subvenir aux besoins de sa maisonnée. Les prix sont très démocratiques et à la portée de toutes les bourses ainsi on peut acquérir  litre de matango à 300 FCFA, on peut avoir son verre même si on ne dispose que de 100 FCFA. C’est ça la vie comme aime dire les membres du club matango, on boit on meurt on ne boit pas on va toujours mourir.