Cameroun – Affaire du trafiquant de sperme: La requalification des faits souhaitée

Pour l’accusation, l’inculpation de Paul T. pour gestion d’un centre de santé illégal n’est pas suffisante. Attentat à la pudeur sur mineur et exercice illégal de la médecine.

C’est sur ces faits que l’accusation aimerait poursuivre Paul T. actuellement au tribunal pour avoir géré un centre de santé illégal du côté de Village, au lieu-dit première entrée Cogefar. L’affaire, en cours au Tribunal de première instance de Douala-Ndokoti, a connu une nouvelle audience hier, 28 janvier 2016. Les débats ont permis de commencer les auditions des victimes, onze jeunes hommes au total. Auditions qui se poursuivront le 18 février prochain, date à laquelle a été renvoyé le procès. Et c’est au terme des témoignages des plaignants, les garçons et leurs familles, que la partie civile espère obtenir une requalification des faits. 237online.com Mais déjà, les deux premières victimes appelées à la barre ont livré leur version des faits sur celui qu’on appelait « le médecin du quartier ». Le jeune D.D, à aucun moment, n’aura douté de la qualité professionnelle du prévenu : « Il a un centre de santé, c’est écrit La Charité, donc c’est un docteur ». Il a décrit l’une des « consultations ».

Le suspect lui aurait demandé de se déshabiller. Ensuite, il lui aurait fait subir des attouchements, masturbé et fait une fellation. D.D affirme que ces séances auraient eu lieu plusieurs fois. Après lui, ce sera au tour de D.K de se présenter à la barre. Il dit être le filleul de Paul T., une déclaration que son avocate appuiera par des pièces à conviction (carnet de baptême et photos) présentées au tribunal. D.K affirme avoir été victime de son parrain pendant cinq ans, de 2008 à 2013. Tout aurait commencé quand il avait 16 ans. Ayant subi les mêmes actes que son prédécesseur à la barre, il ajoute que le prévenu a recueilli son sperme sur « des plaques» et dans des «tubes». Et dans les deux témoignages, les deux plaignants ajoutent que Paul T. leur faisait voir des films pornographiques pour les mettre dans des conditions « idoines ». Approchée, la défense n’a pas souhaité s’exprimer. Même si dans les conversations entre Paul T. et ses proches dans la cour du tribunal, il ne se reconnaît pas coupable des faits qui lui sont reprochés. Dans le petit groupe, on parle même d’acharnement.