Cameroun – Commune de Douala IVème: Trois charges retenues contre l’ex- Maire Kumaze

Il est accusé d’avoir, obtenu ou retenu frauduleusement la somme de plus de 131,46 millions de Fcfa appartenant à la commune de Bonabéri au cours de sa mandature de 2007 à 2013.

L’affaire ministère public (commune de Douala IVème) contre Dangle Kumaze John et Mankollo Titty Jean Martin est entrée ce lundi 25 janvier 2016 dans sa seconde phase. En effet, au cours d’une audience qui a duré une trentaine de minutes, le Procureur général (l’accusateur) a pris ses réquisitions intermédiaires.  Il en ressort que l’ex-Maire de Douala IVème (Bonabéri), est accusé d’avoir, à Douala, au cours de sa mandature 2007 à 2013, obtenu ou retenu frauduleusement  la somme de 131.466.144 Fcfa appartenant à la commune de Bonabéri.  Sieur Mankollo Titty, receveur municipal,  est poursuivi pour sa part,  dans les mêmes circonstances de temps et de lieu, de s’être rendu complice du détournement de la somme de 9.120.000 Fcfa de loyers BICEC et non comptabilisée dans la caisse de la commune par le maire.  Après cette brève description, l’accusation a résumé les trois chefs d’inculpation retenus contre l’ex-maire.

Il s’agirait  notamment des prélèvements des cotisations sur les salaires des employés de la mairie non reversées à la CNPS estimés à la somme de 90.091.000 Fcfa ; la somme de 32.000.000 Fcfa représentant le reliquat de la Journée citoyenne de la propreté. Cette dotation mensuelle est allouée par la Communauté urbaine de Douala (CUD).

En fin, la somme de 9.120.000 Fcfa (déjà citée) représentant les loyers dus par la BICEC sur la mairie. Pour le ministère public,  le chèque émis en faveur de la mairie n’a pas été comptabilisé dans les livres de la commune par le maire Kumaze avec la complicité de son receveur municipal.

Le procureur général a relevé que les faits incriminés ont été dénoncés par Jonas Mbong, secrétaire général  de la mairie et Romuald Mvogo, agent dans ladite entité. Pour ce faire, les dénonciateurs avaient saisi les autorités administratives compétentes du Wouri. La CONAC sera à son tour saisie. Puis,  le dossier sera refilé à la police pour enquête. Bref, les mis en cause et les dénonciateurs seront entendus par le juge d’instruction du tribunal criminel spécial. A l’entame de la procédure, le maire Kumaze avait plaidé non coupable des faits qui lui sont opposés. Quant à l’accusé Mankollo Titty, comparaissant libre, autant que l’ex-maire Kumaze, ne s’est jamais présenté au tribunal. De sources bien informées, il aurait pris la poudre d’escampette dès les bruits de «bottes» de cette affaire. Outre les deux dénonciateurs, le ministère public a fait auditionner quatre de ses témoins. Nous l’avons déjà relevé dans nos précédentes éditions, tous ces témoins n’ont apporté la moindre preuve (pièces à conviction, chiffres ou montants) de détournement reproché à l’ex-Maire de Bonabéri, certainement  au grand dam de l’accusation.

Son dernier témoin, le maire en fonction, Koum Elangué Armond, attendu à l’audience de ce jour,  ne s’est pas présenté. Nonobstant cette absence, le procès-verbal du conseil municipal du 13 août 2015 a confirmé que la dette sociale envers la CNPS a été entièrement épurée. Et, le reliquat querellé de la Journée citoyenne de la propreté  a été reversé dans la caisse (unique) de fonctionnement de la commune. A la lumière de l’historique des comptes produit par la défense, le chèque émis par la Bicec a été payé courant 2008. En tout état de cause, le maire Kumaze a choisi de déposer sous serment (Cf. article 366 du Code de procédure pénale). Il aura des témoins (à décharge) à faire entendre.  L’audience a été suspendue. Elle reprendra le 03 février 2016