Extrême-Nord: musulmans et chrétiens solidaires les uns des autres

Dimanche, les églises sont sécurisées par les musulmans, et vendredi les mosquées par les chrétiens pour prévenir les attaques des islamistes de Boko Haram

 

La multiplicité des attaques kamikazes dans les lieux de culte de l’Extrême-Nord, région du Cameroun frontalière avec le Nigéria, pousse autorités et populations à diversifier les formes de lutte.

« Nous avons une nouvelle technique qui consiste pour les chrétiens à sécuriser les mosquées quand les musulmans prient. Les dimanches, quand les chrétiens sont dans les lieux de culte, les musulmans à leur tour se relaient autour des églises pour détecter tout mouvement suspect », a déclaré le gouverneur de la région de l’Extrême-Nord, Midjiyawa Bakary.

L’objectif de ce nouveau plan d’action est de faire face au nombre croissant d’attaques kamikazes dans les mosquées et les églises ces derniers temps. Cette stratégie élaboré pour permettre aux fidèles de continuer leur prière normalement, est actuellement « en expérimentation dans quelques villages et sera étendue à toute la région », a ajouté Midjiyawa Bakary.

 

Un lieu de culte à l’Extrême-Nord du Cameroun.

Cette nouvelle formule vient ainsi s’ajouter aux méthodes de sécurisation déjà existantes, à l’exemple des comités de vigilance dans les villages frontaliers avec le Nigeria. Les membres des comités de vigilance, surveillent les villages et collaborent avec les forces de sécurité camerounaises pour arrêter les islamistes nigérians de Boko Haram.

Munis de flèches et de machettes, hommes et femmes effectuent tous les jours des patrouilles pédestres dans les villages et arrêtent toute personne suspecte. Grâce à leur travail, ces membres des comités de vigilance ont déjà réussi à déjouer plusieurs tentatives d’attaques kamikazes. Depuis un an, des comités de vigilance avaient également été créés dans les mosquées de Yaoundé, la capitale politique du Cameroun.

« Etant donné que les habitués de chaque mosquée se connaissent, ils parviennent facilement à reconnaître les nouveaux visages, nos agents de renseignement les identifient aussitôt. On essaye de savoir qui sont ces nouveaux et d’où ils viennent. Si on a des doutes, on les dénonce à la police. De même pour tous ceux qui prêchent un islam radical », révélait il y a quelques mois à Cheick Ibrahim Moussa, le grand Imam de Yaoundé.