Cameroun – Issa Tchiroma Bakary: « Le bourreau, c’est Boko Haram »

Certaines Ong, de concert avec des médias occidentaux, soutiennent mensongèrement que l’armée camerounaise viole des droits de l’Homme.

Arguments solides à l’appui, le ministre de la Communication riposte.
C’est par temps gris que l’on reconnait ses vrais amis. Le Cameroun fait l’expérience amère de cette maxime. Pays ayant choisi de façon résolu de s’arrimer à la démocratie, à la liberté d’expression, aux chartes et conventions portant respect des droits de l’homme, il a par conséquent offert une existence légale aux associations défense des droits de l’Homme, autorisé la présence des ONG internationales, ouvert pour leurs inspections ses cellules, ses prisons, etc. afin que celles-ci rendent compte au monde de sa bonne foi. Hélas… Les rapports produits ont toujours de façon systématique occultés les progrès réalisés, mis en exergue les violations présumées et monté en épingle des peccadilles. Transparency international (dans le domaine de la corruption), Amnesty International (dans le domaine des droits de l’Homme) s’illustrent particulièrement dans cette malveillance. Au fil des rapports ou des classements, la

ficelle de la mauvaise foi est de plus en plus grosse.

Deux poids deux mesures
La guerre contre Boko Haram est, à plusieurs titres, révélatrice du double jeu de la bien-pensance occidentale. Le pays de Paul Biya ne mérite l’attention des médias internationaux que lorsque des rapports des maîtres à penser venus de l’Occident le décrivent comme un antre de la corruption, de la violation des droits de l’homme, de l’homophobie…  Ses vaillants soldats auront beau capturer un chef Boko Haram et le remettre à la justice que cela ne fera l’objet d’aucun rapport élogieux de la part de ces ONG censées souligner les progrès du Cameroun en matière de respect des droits de l’Homme. Les populations innocentes auront beau être dépouillées, brutalisées, réduites en esclavage, violées ou froidement assassinées que cela ne dessillerait pas les yeux de Transparency international et tutti quanti sur ce qu’est réellement Boko Haram : une bête immonde. Certes,  cette secte terroriste armée n’a signé aucun engagement international de respect de droit de l’homme, ses membres ne sont pas assujettis à la convention de Genève qui oblige ses signataires au respect de la vie et de la dignité des prisonniers de guerre, est-ce pour autant qu’il faut s’abstenir de condamner ses massacres des populations et ses meurtres de sang froid ? Les Camerounais se le demandent. Aussi ont-ils été nombreux à se reconnaître dans le ton indigné mais ferme du ministre de la Communication (Mincom), Issa Tchiroma Bakary, à l’encontre des ONG internationales de défense des droits de l’homme.

Mise au point
Le 14 janvier dans son département ministériel, Issa Tchiroma Bakary, a donné une conférence de presse fort courue, diffusée à la Crtv (télévision et radio publique). Le Mincom a saisi cette occasion pour faire observer que « certains Ong – et parfois pas des moindres – intervenant en matière de défense des droits de l’Homme, semblent avoir choisi depuis un certain temps d’attaquer le Cameroun par des accusations toutes aussi grossières que fallacieuses, sur des actes qu’elles considèrent comme constituant de graves violations du droit international humanitaire et des droits humains, et dont les militaires et policiers camerounais seraient les auteurs dans le combat qu’ils mènent contre Boko Haram. »
C’est dans une mêlée de hochement de têtes en signe d’approbation des journalistes présents que le Mincon a rappelé fort à propos que « les bourreaux, ce sont les criminels de Boko Haram, et la victime, c’est le peuple camerounais». Le respect des droits humains «  fait partie intégrante de la formation de nos Forces de Défense et de Sécurité », a fait savoir le Mincom tout en reconnaissant  la possibilité d’écarts de comportement chez les soldats. « Lorsque de telles bavures ou tout autre manquement de même nature sont avérés, des voies de droit existent pour, soit sanctionner les fauteurs au plan disciplinaire, soit les traduire devant les juridictions compétentes pour qu’ils aient à répondre de leurs fautes conformément à la loi », a souligné à deux traits le conférencier. Comme quoi le Cameroun n’est pas la jungle que certaines officines veulent faire croire.

Presse décriée, mais presse arrosée
Ce n’est jamais de gaieté de cœur qu’un journaliste prend sa plume pour décrier l’attitude de ses confrères. Car, en le faisant, il livre à la curiosité publique les tares de sa propre profession. La presse occidentale, particulièrement celle d’expression francophone, a l’art d’entretenir le flou sur ses relations avec le gouvernement camerounais. A ce sujet, sa ligne éditoriale est des plus ondoyantes. Un coup, elle lèche. Un coup, elle lynche. L’attitude du gouvernement camerounais n’est pas non plus étincelante de cohérence. Un beau matin, le ministre de la Communication monte au créneau pour dénoncer un hebdomadaire panafricain qui veut destabiliser le Cameroun par ses écrits « mensongers ». Deux ou trois parutions plus loin, ce journal décrié hier avec les mots les plus violents du vocabulaire publie la publicité généreusement offerte par l’Etat du  Cameroun. Des pages en couleur ou publi-reportages facturés à des milliards. Vu que le scénario s’est répété plusieurs fois avec d’autres médias internationaux, on est enclin à croire que ces journaux savent comment faire pour plumer le Cameroun. « Je t’égratigne, tu me signes un chèque afin que je n’en dis pas plus.»
Dans ce cirque de mauvais goût, la presse camerounaise est le dindon de la farce. Telle une prostituée, le gouvernement la sollicite seulement quand la presse occidentale lui fait des bébés dans le dos. Quand tout va bien, on lui jette des broutilles, en témoigne la minceur maladive de l’enveloppe de l’aide publique à la communication privée. Complexe du blanc, quand tu nous tiens !