Cameroun – Conduite automobile : Le gouvernement veut confier la formation à l’armée

La raison : les carences et défaillances de nombre d’automobilistes sont le fait de l’inadaptation des formations de certaines auto-écoles.

Trois points étaient inscrits à l’ordre du jour de la session du Conseil national de la route (Conaroute) tenue mardi dernier à Yaoundé, sous la présidence du Premier ministre Philemon Yang, en sa qualité de président dudit conseil : l’examen des obstacles qui entravent la bonne exécution des projets d’infrastructures routières, l’institution, dès l’année 2016, des contrats à niveau de service concernant les travaux réalisés sur les grands axes bitumés et les voiries structurantes et la définition des modalités d’ouverture aux chauffeurs professionnels civils, du centre de formation de la conduite des poids lourds des armées.

De l’exposé conjoint du ministre des Transports, Alain Edgard Mebe Ngo’o et du secrétaire d’Etat à la Défense, Jean-Baptiste Bokam, concernant le troisième point, il ressort que l’inadaptation des formations de certaines auto-écoles est à l’origine des carences et défaillances observées chez de nombreux automobilistes sur les routes, occasionnant ainsi une augmentation du nombre d’accidents de circulation. « Afin de juguler durablement ce fléau, il a été envisagé le recours à l’expertise du Centre de formation technique des armées (Cfta), structure spécialisée du ministère de la Défense, dans la formation à la conduite des engins lourds et légers, en complément de la réforme en cours de l’examen du permis de conduire », lit-on dans le communiqué à l’issue du dernier Conaroute.

Carnages

Cette recommandation du Conaroute a certainement un lien direct avec le violent accident de la circulation survenu le 08 janvier dernier dans la localité de Kon Yambeta (route nationale n°4), dans lequel a péri une vingtaine de personnes. Confier la formation de la conduite automobile à l’armée, comme envisage de le faire le gouvernement est une bonne chose, mais, il ferait mieux de ne pas omettre que parmi les autres causes de carnages à la suite d’accidents de la circulation au Cameroun, il y a le mauvais état des routes et les défaillances techniques des véhicules. Il faudrait, à ce niveau, rappeler à l’ordre les responsables des structures en charge des visites techniques, dans une logique de réforme globale.

Dans un rapport rendu public en juin 2015, la Banque mondiale expliquait que le taux de mortalité dû aux accidents de la route avait baissé de l’ordre de 31% au Cameroun entre 2011 et 2014. L’institution de Bretton Woods notait que l’homme, du fait du non-respect des règles élémentaires de la circulation, est la principale cause des accidents, en dehors du mauvais état des routes et des engins. Les chiffres du ministère des Transports font état de ce que 70% des cas d’accidents sur les routes camerounaises sont provoqués par l’homme ; 20% par les défaillances techniques des véhicules et 10% par le mauvais état de l’infrastructure routière.