Cameroun – Aéroport de Douala: L’absence d’une salle d’attente révolte les voyageurs

Comparativement au Togo, au Sénégal, les aéroports du Cameroun en particulier celui de Douala, sont loin de vendre la destination du pays.

Difficile pour les proches d’un voyageur qui l’accompagnent d’entrer dans le hall de l’aéroport international de Douala. «Nous sommes contraints de patienter au niveau du parking. Les hommes en tenue ne nous permettent pas de gravir les marches pour atteindre le hall de l’aéroport. Le voyageur est obligé de porter lui-même ses bagages. Il n’y a pas de salles d’attente pour nous autres et c’est regrettable», souligne Alice Njonkem venue ce mardi 5 janvier 2016 accompagner son frère qui s’en va à destination de la Côte d’Ivoire. Assise sur la devanture d’une voiture à usage personnel stationnée dans le parking et dont elle ne connaît pas le propriétaire, la demoiselle s’impatiente. « Les femmes en tenue m’ont empêché de suivre mon frère à l’esplanade de l’aéroport, malgré mes supplications et tous les arguments mis en avant. Je n’ai pas voulu les corrompre avec quelques billets comme l’ont fait certains usagers sous mon nez », témoigne Alice qui a préféré attendre le temps que son frère finisse de s’enregistrer pour revenir vers elle lui dire au revoir, « même si je doute fort qu’il ressorte car il semble qu’une fois à l’aéroport, impossible pour un voyageur de ressortir. Exceptés ceux qui savent soudoyer ». En colère, la jeune fille déplore l’absence d’une salle d’attente comme cela est le cas sous d’autres cieux.

Plus loin, des citoyens dans la même posture dénoncent : «notre aéroport est un lieu qui, à la vue aérienne, ne présente pas le respect des normes en matière d’éclairage. Ajouté à l’insuffisance des chariots, les modalités désagréables d’embarquement via l’inexistence des écrans géants et d’une forte sonorisation qui annoncent aux voyageurs les vols annulés ou reportés». Dans le même sillage, ces compatriotes ne cachent pas leur indignation quant au caractère défectueux des scanners, salles de laboratoires anti stupéfiants et anti drogues des douaniers, de l’insuffisance et l’impraticabilité des voies d’évacuation des passagers. «  Notre aéroport ressemble plus à une agence de voyage qu’à un aéroport digne du nom. On se sent à l’âge de la préhistoire ! », s’exclament des interlocuteurs. Autre désagrément porte sur des pertes économiques et la baisse des recettes des vendeurs qui commercialisent leurs produits dans les couloirs de l’Aéroport international de Douala. «Ce n’est plus la bonne affaire depuis qu’une mesure  administrative instaurant une barrière de sécurité aux alentours de l’aéroport, a été prise voilà plusieurs années», souligne une commerçante de vêtements. D’un air hagard, elle renchérit : «les accompagnateurs n’ont plus le droit de suivre le voyageur pourtant ils étaient nos clients. Jadis, l’aéroport était une grande foire commerciale. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas».

Contexte

Rappelons que le fait qu’il n’y ait plus de véhicule sur la piste pour rejoindre le salon Vip, plus de stationnement intempestif devant l’aérogare, plus de circulation des usagers à leur guise, découle d’un communiqué de presse du directeur des Adc en septembre 2009. Thomas Owona Assoumou portait alors à la connaissance du public qu’en «application des dispositions de la loi n° 98/023 du 24 décembre 1998 portant régime de l’aviation civile et de l’arrêté n° 02306/A/MINT/11 novembre 2003 portant réglementation de l’accès dans les zones réservées des aéroports du Cameroun, l’accès et la circulation dans les aéroports internationaux de Yaoundé-Nsimalen, Douala et Garoua seront dorénavant soumis au respect strict des textes réglementaires sus cités». Officiellement, il s’est agi d’un train de mesures visant à assurer la sécurité des passagers et de prémunir l’aéroport contre des activités illicites dont il pourrait être le point de départ et combattre la lutte contre le terrorisme.

Les travaux de réfection avancent

Dans l’espoir de la fin des désagréments, notons que l’aéroport est en chantier. Le quotidien national Cameroon Tribune a fait savoir dans sa parution du 15 décembre 2015 que la réhabilitation de l’aéroport international de Douala est bien avancée. Les traces de travaux menés il y a peu ont laissé la place à un espace tout nouveau. Et donc tout beau. Un carrelage neuf aux tons sombres, «du granite», selon un responsable des Adc (Aéroports du Cameroun), recouvre le sol. Le ronronnement discret de quelque climatiseur assure le confort thermique du lieu. Le plafond, neuf lui aussi, est finement ouvragé en carrés blancs successifs. Le visiteur remarquera qu’il comporte, à intervalles réguliers, des ampoules rouges et des sortes de micros : respectivement un dispositif d’alarme anti-incendie et des haut-parleurs. «Tout le hall a été rénové, climatisé et agrandi. En outre, nous avons procédé à l’installation de cinq aubettes [des boxes, Ndlr] de police, pour améliorer la fluidité des formalités et le confort des agents en service», a expliqué le directeur de l’aéroport international de Douala, Jacob Mbargaso, à notre confrère. Sont en cours la rénovation des toilettes et de l’ancien salon Air France, « qui a lui aussi été agrandi», d’après le directeur de l’aéroport.