Cameroun: Les pompistes refusent de vendre le carburant aux prix annoncés par Paul Biya et son Gouvernement

Ce vendredi 1er Janvier 2016 dans la ville de Douala, les stations services affichent toujours les anciens prix du carburant à la pompe.

Que ce soit à Total, Oilibya (ancien Mobil) ou MRS (ancien Texaco), les prix affichés à la pompe sont ceux qui sont appliqués depuis un an et six mois. A savoir 650 FCFA pour le litre du Super et 600 FCFA pour le Gasoil. «Ce sont les réalités du pays, on va faire comment. Quand Paul Biya annonce sa part là-bas, sur le terrain c’est le contraire. Et ce n’est pas la première fois. Avant les fêtes, le Ministre du Commerce a fait le tour du pays pour dire que rien ne doit changer sur les prix des marchandises. Au marché, on a vu les prix être doublés, voire plus. Donc, nous ne sommes plus surpris» déclare, l’air résigné, un automobiliste rencontré ce vendredi matin à la station Oilibya du quartier Village à Douala.

Jusqu’à ce vendredi après midi, rien n’a changé au niveau des pompes. Et pourtant, hier, Jeudi 31 décembre 2015, pendant son traditionnel Message à la Nation, Paul Biya, le Chef de l’Etat camerounais, a solennellement déclaré que les prix du carburant à la pompe seront revus à la baise dès le 1er janvier 2016. Lui emboitant le pas, son Ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, en sa qualité de Président du Conseil d’administration de la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures, a indiqué dans un Communiqué que le litre du Super va subir une baisse de 20 FCFA alors que celui du gasoil va perdre 25 FCFA. «Des instructions fermes ont été données à l’ensemble des opérateurs du secteur pétrolier aval pour que les nouveaux prix ainsi arrêtés soit d’application rigoureuse sur l’étendue du territoire national à compter de la date effective du 1er Janvier 2016» a précisé le Ministre.

Station Service Oilibya – Douala, 01/01/2016

Mais, pourquoi les prix n’ont pas basculé automatiquement ce premier jour de l’An 2016 ? «Il ne suffit pas de déclarer une baisse pour que les prix changent. Il y a toute une chaine à suivre pour que l’annonce du Chef de l’Etat soit effective. Moi en tant que Gérant d’une station, j’attends les instructions de la Direction générale de notre société. Il y a aussi un inventaire à faire pour savoir la quantité du carburant qui reste de l’ancien stock. Ensuite, il faut que les techniciens qui sont habilités viennent changer les prix affichés au niveau des pompes. Il y a tout une procédure à suivre. Et tant que ce n’est pas fait, je ne peux pas prendre sur moi de changer les prix. Si je le fais, qui va payer les manquants lorsqu’il va falloir faire les comptes avec la Direction qui nous livre le carburant à vendre ? Donc, le changement de prix ne dépend pas seulement du Gérant de la station» explique le responsable d’une station service Total au quartier Akwa…

Station Service Total – Douala, 01/01/2016