Cameroun: Les grands chantiers à l’épreuve du Bip

L’Energie, l’Agriculture et les Travaux publics se taillent la part du lion avec près de 730 milliards Fcfa sur la trentaine de ministères.

Le développement du Cameroun, comme celui de tous les pays au monde, passera par les infrastructures et l’accès à l’énergie, seul gage de l’industrialisation. Le régime de Yaoundé en a fait siennes ces préoccupations, en les alignant dans le nouveau slogan : « Emergence à l’horizon 2035 ». Comment y arriver ? Le budget de 2016 l’illustre fort opportunément à travers les enveloppes attribuées aux leviers du développement, que les hommes politiques camerounais appellent « projets structurants ». Pour ce faire, les Travaux publics devront mettre en exécution un budget de 403,931 milliards Fcfa dont 334 milliards pour l’investissement. Il s’agit notamment de financer le plan d’urgence triennal annoncé par le chef de l’Etat.
Basile Atangana Kouna de l’Eau et Energie aurait pu revendiquer une enveloppe aussi importante, voire plus. Car, tout développement de l’industrie reposant sur l’énergie électrique, le plan d’urgence ne pourrait arriver positivement à son terme que si l’économie est relancée à travers

son secteur industriel. Et les projets de construction de nouveaux barrages, en l’occurrence Nachtigal, Song-Dong ou Bini, ainsi que la mise en service de la société de transport de l’énergie ont un prix. Le gouvernement a donc estimé que 214,166 milliards Fcfa seront nécessaires en 2016 pour parvenir aux résultats escomptés.
Mais, à l’heure où l’on annonce des grincements des dents suite à la décision du gouvernement d’augmenter le prix du kilogramme de riz, le ministère de l’Agriculture et du Développement rural doit prendre la pleine mesure de la lutte contre la faim au Cameroun. Henri Eyebe Ayissi devra trouver le bon équilibre sur les 110,162 milliards que l’Assemblée nationale a validés. Ce, avec 45 milliards Fcfa pour le fonctionnement du ministère et le reste pour l’investissement. Cependant, il est à noter que d’autres secteurs relatifs au développement, qui n’impactent pas visiblement sur l’économie nationale, disposent des enveloppes importantes. Et parmi ces secteurs, l’Habitat et le développement urbain, qui devra assumer une enveloppe de 117,580 milliards. Les deux premiers ministères ont une préoccupation commune : l’exécution du budget d’investissement public.