Cameroun – Education: Eglise catholique, des demandes d’explications distribuées aux enseignants

Alors que l’on croyait véritablement à une sortie de crise dans les établissements confessionnels de l’Archidiocèse de Douala, il y de nouveau un rebondissement qui inquiète.

Plus d’une semaine après la dernière rencontre entre le sous-préfet de Douala Ier, l’Archidiocèse de Douala et les syndicats des enseignants de l’éducation de base, l’ambiance n’est pas véritablement au calme dans les 45 écoles catholiques de Douala. Pour cause : des demandes d’explication données à la majorité des maîtres ayant grevé le 11 novembre 2015 à l’esplanade de la Cathédrale Sts Pierre et Paul de Bonadibong. «Nous avons reçu ces demandes d’explication signées le 27novembre dernier par le chef du personnel de l’Education catholique de Base à Douala, Wirba Justin Suireng. Elles ont été adressées en général à l’ensemble des instituteurs», avouent des sources proches du mouvement et dans les primaires concernées.

Dans la note, il est reproché aux grévistes d’avoir abandonné leur poste de travail mercredi le 11 novembre 2015 avant 11h « délaissant ainsi les élèves qu’on vous a confiés à tous égards de risques. Quelle explication pouvez-vous donner concernant cet acte d’irresponsabilité qui met la vie des élèves en danger ? Avec ce non respect des heures de travail, pensez-vous à être rémunéré totalement à la fin du mois ? Pouvez-vous nous donner les motivations d’un tel mépris caractérisé envers les ordres de la hiérarchie ? ». Tel est le contenu des demandes d’explications qui sonnent comme une sorte d’intimidations pour empêcher les enseignants qui travaillent au quotidien dans des conditions exécrables, de revendiquer. Mieux pour mettre un frein à concrétisation des promesses faites il y a peu de temps aux plaignants. Au moment où des résolutions ont été prises au cours d’une rencontre qu’a présidé le 18 novembre 2015 Jean-Marc Ekoa Mbarga, sous-préfet de Douala Ier. Lui qui avait rassuré de ce que dès janvier 2016, les enseignants catholiques de l’Archidiocèse de Douala qui jusqu’ici étaient payés à moins de 50 000 Fcfa, auront une augmentation de salaire. Ceci ajouté à l’application de la médecine de travail, puis l’injection des primes d’ancienneté dans les salaires. «La promesse a été faite par notre tutelle que ces résolutions prendront effet dès janvier 2016. C’est plein d’espoir et quelque peu satisfaits que nous avons mis fin aux pourparlers. Maintenant, nous croisons les doigts afin que cette promesse se concrétise», lançaient ce jour-là les enseignants catholiques quelque peu ravis à 55%. Un pourcentage réduit de moitié depuis le 27 novembre. En attendant la réaction du président national de la coordination nationale des délégués du personnel de l’enseignement catholique de base, et des autres corporations syndicales, les maîtres interpellés ont répondu collectivement à leur demande d’explication. Voici quelques lignes : «la précarité de notre situation mieux celle du personnel dont vous avez la charge impose à tous les Hommes de bonne foi de comprendre les raisons de la mobilisation du 11 novembre. Les avancées annoncées par son excellence avec l’implication des autorités administratives justifient d’ailleurs notre action. Cependant, nous déplorons l’absence du dialogue franc, seul élément qui aurait pu nous éviter cette situation désobligeante»