Cameroun : Des fausses bouteilles de gaz toujours en circulation

Au centre dudit trafic, un groupe de chinois installé dans l’enceinte portuaire sous le couvert d’une entreprise dénommée Yong Fa Gaz Sarl.

Rien ne semble ébranler la détermination des responsables chinois de la société Yong Fa Gaz Sarl qui ont choisi leur créneau, celui de reproduire illicitement les produits de marques bien connues des consommateurs Camerounais. Nous le disions il y a quelques jours encore, une perquisition effectuée le 19 novembre dernier, a permis de constater la présence dans les magasins de stockage de ladite structure, des quantités importantes des bouteilles pleines de marques  légalement produites au Cameroun, qui vont aussitôt être sous scellées.

Une opération menée par la commission mixte police et délégation du commerce pour le Littoral qui a fait une descente sur les lieux pour constater les faits jugés «assez graves» par certains membres de la commission qui ont même jugé dangereuse une telle activité pratiquée sans aucune disposition sécuritaire. Puisqu’il s’agit des gaz.

Quelques jours donc après cette dénonciation, le dynamisme est plutôt grand dans cette structure située non loin du Chantier naval et industriel du Cameroun et dont le portail est toujours fermé, donnant l’impression que la boîte ne fonctionne plus. Il faut avoir une oreille très fine et un peu de flair pour être convaincu qu’il s’y passe quelque chose. Nous l’avons encore vécu ce 4 décembre 2015. Même les mouvements du personnel sont hyper discrets.

L’une des sources proches du dossier est formelle : «les bouteilles de gaz scellées ont disparu pour des destinations jusqu’ici inconnues», avons-nous appris.

Une autre source qui suit de près cette affaire, parle beaucoup de complicité. «Ces chinois ne peuvent pas s’entêter pour rien. Ils ont certainement écoulé leurs produits grâce à la complicité de certains fonctionnaires tapis dans l’ombre et engagé à mettre à mal les entreprises camerounaises victimes de la contrebande. Et ils ont le soutient au plus haut niveau», déclare un cadre de l’une des entreprises victimes.

Le mutisme des autorités en charge du commerce et de la contrebande, fait encore croire à certains opérateurs de la filière gaz industriel que «le Cameroun est un pays où tout est permis. La corruption a laissé prospérer toute sorte de dérive et de pratiques qui mettent à mal les efforts des citoyens pourtant bien en règle. On ne peut le dire autrement lorsqu’on constate que ces chinois-là non seulement ne payent pas les impôts et taxes, mais aussi, font une concurrence déloyale en falsifiant les marques bien connues. Cela pose problème», dit M.H.

Les spécialistes des normes et qualité ont plutôt peur : «s’il est vrai qu’il y a une structure chinoise qui s’est investie dans ce genre de pratique, il faut s’interroger sur la qualité des produits comme le l’oxygène destiné à la réanimation des malades dans nos hôpitaux et autres gaz spécialisés qui sortent de cette société. Il faut que les autorités prennent au sérieux cette affaire-là et les mesures soient prises avant qu’il ne soit tard», Giscardin Kalabanja.