Cameroun – Budget 2016: Pourquoi les banques et l’Etat se tiennent la main

L’Etat compte sur la participation des banques pour atteindre l’objectif de 4 234,7 milliards de FCFA d’enveloppe budgétaire pour le compte de l’exercice 2016. 25% de cette somme devrait provenir des établissements financiers dans la rubrique emprunt.

S’agissant de l’enveloppe relative à la dette du Cameroun qui s’annonce à 1055 milliards de FCFA pour le compte de l’année budgétaire 2016, la somme de 505 milliards de FCFA proviendra des bailleurs de fonds internationaux, alors que 250 milliards de FCFA devront être mobilisés sur le marché bancaire local et il est prévu 300 milliards de FCFA de titres publics à émettre.

De l’avis d’Evariste Fopoussi Fotso, expert financier, «les banques auront particulièrement un rôle à jouer en tant que seules Spécialistes en Valeur du Trésor (STV) agréées dans le pays et par conséquent, elles sont les seules institutions à mobiliser les fonds lors des opérations d’émission de titres publics», tire-t-on du journal Le Quotidien de l’Economie du mercredi 2 décembre 2015.

Pour l’expert financier, le climat de confiance entre l’Etat et les banques ne doit pas faire oublier le «manque de crédibilité du gouvernement sur le marché international». Il explique que «le succès mitigé du dernier Eurobond, souscrit uniquement à 98% à un taux d’intérêt de 9,75% et la mal gouvernance qui conduit à la sous-consommation du budget d’investissement public et de nombreux engagements souscrits par l’Etat auprès des bailleurs de fonds nationaux et internationaux», rend sceptique sur l’orientation que prennent les banques locales et l’Etat.

Pour les avances aux banques, le refinancement est passé de 10 milliards de FCFA en 2014 à 80 milliards de FCFA par décision du comité de politique monétaire du 25 mars 2015. Les établissements financiers ont injecté 2731,1 milliards de FCFA dans l’économie camerounaise en 2015.

Les recoupements du Ministère des Finances (MINFI) montrent qu’au premier semestre de l’exercice en cours, 35,2 milliards de FCFA ont été consacrés aux crédits à long terme et découverts. Et, suivant les statistiques du MINFI, 943 milliards de FCFA pour les crédits à moyen terme et 1752,4 milliards de FCFA pour les crédits à court terme et les découverts.