Cameroun – Décentralisation: 40 compétences sur 56 déjà transférées aux communes

L’annonce a été faite par le Premier Ministre, Chef du gouvernement, Philémon Yang au cours de la lecture des grandes lignes du budget 2016 à l’Assemblée nationale

Le Cameroun avance à grands pas vers la décentralisation. Le transfert de compétences aux collectivités territoriales décentralisées (régions et communes) a, en effet, pris une nouvelle impulsion avec la loi du 22 juillet 2004. Et déjà, 40 compétences ont été transférées au 20 novembre 2015, sur 56 prévues. Soit une amélioration du rythme de transfert d’environ 72%. C’est le Premier ministre lui-même qui en a fait l’annonce cours de la lecture des grandes lignes du budget 2016 à l’Assemblée nationale.

D’après certains élus locaux, ces chiffres ne reflètent pas la réalité, apprend-on dans les colonnes de Le Quotidien de l’Economie n°0950 en kiosque jeudi 3 décembre 2015. Claudine Ndoutou Edimo, 4e adjoint au maire à la commune d’arrondissement de Douala 3ème, paraît surprise par les déclarations du Chef du gouvernement camerounais. «Les propos du Premier ministre ne reflètent pas ce qui se passe sur le terrain; De quelle décentralisation parle-t-il ? Il y a plein de choses qui ne doivent être confiées aux communes, mais la mainmise de la CUD (Communauté Urbaine de Douala) les empêche de se matérialiser», indique-t-elle dans les colonnes du journal.

Claudine Ndoutou Edimo n’est pas le seul représentant du peuple à poser le problème des mécanismes d’autogestion des collectivités territoriales décentralisées. Pour Hilaire Zipang, Conseiller municipal à la commune d’arrondissement de Douala 1er, le plus important n’est pas de transférer des compétences, mais de les rendre applicables. Il estime que les compétences telle la gestion des marchés et autres ne sont pas encore effectives malgré leur transfèrement aux mairies. «Le choix du transfert des compétences de l’Etat vers les collectivités dépend du parti au pouvoir ; on ne peut subir leur diktat d’autant plus que cette politique va droit dans le mur», analyse-t-il.

Indicateur du niveau d’enracinement de la culture démocratique du pays, la décentralisation rend effective la participation des citoyens à la gestion des affaires locales. Elle est porteuse de réels espoirs d’un développement durable.