Le « Rossignol » chante encore !

Mama Ohandja, célèbre artiste de Bikutsi des années 70-80, est de retour. Il est au Cameroun pour la bonne cause. Un come-back discret pour honorer ses devoirs de fidèle à l’église, son église, dans la localité d’Ebougsi, département de la Lékié, pour laquelle il chantera le 12 décembre prochain. Mama Ohandja, star du bikutsi des décennies 70 et 80, a pris de l’âge, des rides, mais la forme y est toujours pour le patron des « Confiance jazz », du « Ballet Eton » et plus tard des « Magistrats ». Quand il quitte le Cameroun en 1991 pour débarquer à Marseille, il laisse derrière lui un riche passé musical, principalement dans le rythme bikutsi, dont il affirme être l’initiateur. Dans un entretien donné à des confrères français il y a quelques années, celui qu’on appelle « Le Rossignol » déclarait d’ailleurs : « Le bikutsi au Cameroun sans Mama Ohandja, c’est comme le football sans Roger Milla ». C’est tout dire.

Fin chanteur, Mama Ohandja est aussi un illustre danseur, lui qui n’entend pas se produire sur scène sans être entouré de danseurs. Il a étudié puis révolutionné les danses comme l’Ekomot qu’il dit être l’ancêtre du coupé décalé, « même si elle se dansait autrement, mais avec le même style de musique ». Pour lui, le bikutsi est la mère de nombreux rythmes. L’homme aux 17 albums est bien loin de l’époque des 45 tours, des 33 tours et des vinyles. Son dernier opus  sorti en 2010 : « Longue langue » mélange de tradition et de modernité, est tout aussi à mille lieues de ses titres de pur bikutsi proposés en tout début des années 70 : « Mot Ane Mben Meyen M’oyab », « Super Man Ebon », « L’homme prisonnier », « Aluk », « Edin », « Fulu Mot »… et j’en passe. Celui qui a vu les premiers pas du monstre de la guitare qu’était Zanzibar, se confie à CT, au sein d’une rédaction qu’il connait bien, pour l’avoir accompagné pendant des décennies.