Cameroun – Cabinets ministériels ,Le bal des jouisseurs

Comment les ministres s’engraissent sur le dos du contribuable.

Les avocats de l’augmentation de l’enveloppe de l’aide publique à la communication privée (250 millions Fcfa) doivent circuler, car il n’ya rien à voir. Pour l’exercice 2016, le budget du cabinet du ministre de la Communication s’élève à 526.600.000 Fcfa. Ce pactole est destiné à couvrir des charges aussi variées qu’insolites telles que les indemnités de missions à l’intérieur et l’extérieur du Cameroun, les frais de réception, l’achat du matériel de bureau, les carburants et lubrifiants (12.300.000 Fcfa), les primes pour travaux spéciaux, les heures supplémentaires, les rémunérations de prestations extérieures, les frais de représentation (54 millions Fcfa) ou encore l’entretien et la réparation des véhicules courants.

Dans ce département ministériel qui pèse 8.411.000.000 Fcfa dans le budget de l’Etat pour l’exercice 2016, le conseiller technique n°1 s’en tire avec une enveloppe annuelle de 30.250.000 Fcfa contre 4.230.000 Fcfa pour le conseiller technique n°2 et 8.200.000 Fcfa pour l’inspection générale. 3.900.000 Fcfa sont affectés au fonctionnement de la Commission de délivrance de la carte de presse.

La tendance budgétivore est également observée dans d’autres cabinets de ministres. Au ministère des Sports et de l’Education physique (177.667.000.000 Fcfa de budget en 2016), le cabinet du ministre englouti, à lui tout seul, 172 millions Fcfa.  Au ministère des Arts et de la Culture (4.059.000.000 Fcfa), le projet de performance des administrations publiques soumis aux députés prévoit une provision de 100 millions Fcfa pour le cabinet du ministre. Au ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle, le cabinet du ministre va consommer sur l’année 2016 une dotation de 151 millions Fcfa.

Pour sa part, le cabinet du ministre du Travail et de la Sécurité sociale va consommer en 2016 un budget de 250.400.000 Fcfa. Le budget de ce ministère pour 2016 culmine à 4.427.000 Fcfa. La somme de 101 millions Fcfa est octroyée au cabinet du ministre des Affaires sociales sur un budget total du Minas qui s’élève à 5.919.000 Fcfa. Au ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (6.887.550.000 Fcfa), la somme de 149 millions Fcfa est prévue pour le fonctionnement du cabinet du ministre. Enfin, au ministère de l’Industrie, des Mines et du Développement technologique (10 019 000. 000 Fcfa), le budget du cabinet du ministre s’élève à 251.704.000 Fcfa.

En dehors des lignes relevées plus haut, pour ce qui est du Mincom, les ministres justifient ces importantes allocations par d’autres choses, qui apparaissent quelquefois comme de grossiers subterfuges : indemnités de permanence, personnel à solde globale, achat du mobilier de bureau, aides et secours exceptionnels au personnel, fêtes officielles et cérémonies, abonnements de presse, achats de livres, fournitures et prestations de services pour édition, impression et distribution des documents, frais de participation aux foires, expositions et autres manifestations, gratifications, primes de rendement, etc.).

Au demeurant, une constante se dégage : si officiellement les dépenses de fonctionnement de l’Etat ont baissé de 178 milliards Fcfa par rapport à l’exercice 2015, les ministres ont encore de la peine à réduire leur train de vie, à se serrer la ceinture, comme le prescrit le président de la République. Ce d’autant plus qu’aux frais faramineux signalés plus haut, il faut ajouter les salaires mensuels et autres privilèges et avantages tirés de la passation des marchés publics. Pendant ce temps, le peuple est appelé à faire encore plus de « sacrifices », au nom de l’intérêt général.