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299 autres camerounais rapatriés de RCA

Deux nouvelles rotations effectuées vendredi et samedi derniers. A la fin de chaque rotation, certains passagers ont cependant la force de raconter leur calvaire en RCA.

La cellule régionale de crise chargée de l’accueil des Camerounais rapatriés de RCA reste en éveil à Douala. Vendredi dernier, on a encore assisté au retour de 219 rapatriés de Bangui. A l’accueil, les membres de la cellule de crise, mais surtout, le directeur général de Camair-Co, Frédéric Mbotto Edimo. Ce jour là, les Camerounais descendront du Boeing 737 de la compagnie nationale aérienne pour se soumettre aux formalités d’identification auprès de la cellule de crise. Comme d’habitude, la police fait tout pour leur faciliter la tâche.

Les familles sont visiblement soulagées de revenir au bercail. Samedi dernier, dans l’après-midi, c’est à bord du MA 60 de l’armée de l’air que 80 rapatriés en provenance de Bangui ont regagné le pays. La cellule de crise a immédiatement mis un bus à la disposition de ceux qui résident à Douala.

A la fin de chaque rotation, certains passagers ont cependant la force de raconter leur calvaire en RCA. Il y a ce père de famille qui exhibe son fils nouveau-né. Il tient entre ses mains un bout de papier pour des fins d’établissement de l’acte de naissance. On peut aussi voir des enfants avec leurs cartables, signe d’une année scolaire brusquement interrompue.

Pour la plupart, les rapatriés sont des Camerounais ordinaires et à l’allure plutôt tranquille. Ils ont séjourné en RCA pour des études, les affaires ou tout simplement depuis que leurs parents s’y sont installés. Il y a, en effet, des Camerounais qui sont nés dans ce pays. D’autres sont à Bangui depuis 20, voire 30 ans.

Avec les tensions entre les milices ex-seleka et anti-balaka, ces Camerounais affirment qu’ils vivaient la peur au ventre. Certains ont vu les membres de leur famille subir les exactions des milices. Ceux habitant les quartiers Km 5, PK 13 et PK 12 déclarent avoir été la cible des milices anti-balaka pour délit de faciès. Afin d’avoir la vie sauve et d’échapper aux tirs, ces Camerounais ont fui leurs quartiers pour se réfugier à l’ambassade de leur pays en RCA. C’est à ce niveau que beaucoup entament les formalités visant à les ramener au bercail.

Le pont aérien institué par le chef de l’Etat reste pour beaucoup la seule issue. A l’aéroport international de Douala, vendredi et samedi, la joie des rapatriés n’était donc pas feinte. Ils ont, chacun à sa manière, dit merci au chef de l’Etat. Avec la septième rotation de Camair-Co et la 26e rotation de l’armée de l’air, le Cameroun a déjà rapatrié 3160 personnes de RCA.

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