274 millions USD de besoins humanitaires dans le Nord età l’Est en 2015 (OCHA)

Un montant de 274 millions de dollars (environ 137 milliards de francs CFA) sera nécessaire pour couvrir les besoins humanitaires de plus de 330.000 réfugiés centrafricains et nigérians, puis entre 96.000 et 100.000 déplacés internes en 2015 dans le Nord et à l’Est du Cameroun en proie à l’ insécurité, annonce le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA).

A cause des exactions de Boko Haram et de la crise centrafricaine, le Cameroun abrite environ 296.000 réfugiés centrafricains anciens et nouveaux à l’Est, et quelque 40.000 nigérians dans l’Extrême-Nord dont la prise en charge humanitaire s’associe à celle de 96.000 à 100.000 déplacés internes, selon Gildas Banda, chargé de la coordination inter-agences du système des Nations Unies au Cameroun.

La mobilisation des financements est cependant faible pour satisfaire ces besoins humanitaires, a-t-il déploré lors d’une réunion jeudi à Yaoundé où il a fait état d’une collecte de 41,4 millions de dollars sur 274 millions requis pour 2015.

C’est une préoccupation partagée par le directeur de la protection civile au ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Jean-Pierre Nana, qui a appelé au  » renforcement du plaidoyer en vue de la diversification des sources de financement pour cette urgence plurielle », laquelle mobilise l’ attention du pouvoir de Yaoundé et des partenaires au développement.

Mais, le nombre de réfugiés communiqué par ce responsable administratif diffère de celui annoncé par le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU. Il s’établit plutôt à près de 325.000 personnes « sur le territoire national, issues de 28 nationalités et disséminées dans 8 régions », dont 250. 000 Centrafricains (sur 464.000 recensés en Afrique centrale) et 75.000 Nigérians.

A côté de ces ressortissants étrangers, il recense en outre près de un million de Camerounais en situation de vulnérabilité, ce qui fait redouter des risques de tensions intercommunautaires, eu égard à la pression exercée sur les ressources disponibles et au fait que près de la moitié des réfugiés vivent hors des camps réservés pour leur installation.

En plus de 1,1 million de Camerounais en situation d’insécurité alimentaire, Gildas Banda, lui, dénombre encore 6 millions d’ autres en risque d’épidémie dans l’Extrême-Nord, le Nord, l’ Adamaoua et l’Est,quatre régions frappées par l’insécurité.

Pour lui, la sécheresse, les inondations et l’insuffisance de la couverture sanitaire représentent dans certains cas des défis majeurs pour la gestion de la situation. C’est l’un des dossiers examinés lors d’un atelier de réflexion sur l’harmonisation des interventions du gouvernement et des partenaires techniques et financiers dans les zones d’insécurité au Cameroun tenu jeudi à Yaoundé. F